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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 08:57
PENINSULE DE COROMANDEL - MERCURY ISLAND

Nous jetons l’ancre devant la merveilleuse plage de Parapara : sable blanc et fin comme de la farine, eau cristalline peu profonde, absence de bestioles qui piquent. Tous les critères sont réunis pour définir un petit paradis sur terre, pour nous comme pour les enfants. Seule petite ombre au tableau, une dépression arrive avec des vents prévus entre 25 et 30 nœuds, il nous faudra donc trouver un abri pour notre voilier.

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Comme le vent commence à forcir, nous déplaçons Ninamu vers Huruhi Harbour qui est censé être un mouillage abrité par tous les vents. Au fond du port se trouvent plusieurs corps morts qui sont vite pris d’assaut par les bateaux à moteur et les rares voiliers présents à Mercury Island. Comme les fonds ne nous semblent pas très profonds, nous allons repérer la zone de mouillage en annexe car je vous rappelle que nous sommes les spécialistes de l’échouage et autre talonnage de quille. Nous faisons le tour des bateaux afin d’essayer d’obtenir des renseignements sur les corps morts : sont-ils costauds ? A qui doit-on s’adresser pour les utiliser ? Etc… Et c’est ainsi que nous faisons la connaissance de Gail et de Jim à bord de leur bateau de pêche Big Spree. Ils sont vraiment super sympas et pas avares de renseignements en tous genres. C’est ainsi que l’on apprend que les corps morts sont bien entretenus et que l’on peut utiliser ceux marqués Mercury Island gratuitement. Cependant en raison de notre tirent d’eau de 2M20 nous ne sommes éligibles que pour le premier d’entre eux alors nous devons guetter quand il se libérera.

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Le lendemain, Jim et Gail embarquent Florent et les enfants pour une sortie de pêche à bord de Big Spree ; quant à moi, je reste à bord afin de guetter la « libération » du corps mort que nous convoitons. Dès que celui-ci se libère, j’envoie un sms à Florent qui se dépêche de rappliquer et nous pouvons nous amarrer. Nous voilà en sûreté pour affronter le coup de vent.

Adorables et généreux, Gail et Jim nous ramènent des filets de snapper et des noix de Saint Jacques tout justes sortis de la mer. Nous les invitons à diner et c’est avec surprise que nous constatons qu’ils apprécient notre tajine de bœuf aux olives quelque peu épicé. Comme quoi, tous les kiwis n’aiment pas que les hamburgers. A l’apéritif, nous avons droit à un joli plat de langouste (elle aussi pêchée la veille) et qui d’après Florent est délicieuse (à mon grand regret, même si elle est de première fraîcheur, je préfère ne pas en manger à cause de ma réaction avec le thon fumé avarié).

Discuter avec eux est très enrichissant car ils ont déjà navigué vers l’île du Sud et dans les Marlborough Sound où nous désirons nous rendre. Ils nous racontent qu’ils ont essuyé des creux de 10 mètres dans le détroit de Cook et leurs récits achèvent de nous dissuader de nous rendre dans l’île du Sud par la côte Est.

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Le lendemain, le vent a ramené le soleil et Jim et Gail nous embarquent, toujours à bord de Big Spree, pour visiter la côte Sud de Mercury Island. Cette côte est absolument magnifique. Nous faisons escale dans la baie de Peachgrove d’où un petit chemin mène à une cascade avec une belle piscine naturelle. Maya se baigne et Gail saute même des rochers dans la vasque qui semble profonde. Lorsque je demande à Jim de combien de mètres, il me répond en rigolant : « assez apparemment ! ».

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Mercury Island appartient à un millionnaire qui l’a achetée il y a quelques années pour une bouchée de pain car à l’époque personne n’en voulait. Il s’est mis en tête de la réhabiliter au niveau écologique, notamment avec un grand projet de reforestation. Des moutons et des vaches paissent dans quelques champs épars et lorsque l’on demande à Jim la raison de la présence de ces ovins, il nous dit juste que c’est pour conserver les traditions fermières de la way of life kiwi.

Jim et Gail vivent aux Mercury Island depuis 17 ans, ils connaissent donc bien le propriétaire et l’histoire de l’île.

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Lorsque nous revenons vers Huruhi harbour, l’hélicoptère du big boss est en train de se poser. Sa maison est juste à côté du quai. C’est assez curieux de côtoyer ainsi des multimillionnaires qui d’ailleurs ont un contact simple et sympathique et ne manquent pas de nous saluer alors que nous sommes chez eux…

Nous convions Jim et Gail pour le dîner et il a fallu pas mal insister pour qu’ils acceptent. Non pas que le tajine épicé leur soit resté sur l’estomac mais ils ont l’air réellement gênés. Pas de ça entre nous ! Ils finissent par accepter sous condition de nous ramener des pauas ( des ormeaux) pour l’entrée. Eux aussi sont de première fraîcheur, battus comme il faut par Jim afin de les attendrir, ils ont l’air délicieux. Je suis vraiment frustrée de ne pas pouvoir y goûter. Mais toujours méfiante et échaudée, je n’ai pas envie de réitérer mon intoxication histaminique et deux laisser deux petits orphelins derrière moi juste par gourmandise.

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Comme une dépression remonte du Sud de la mer de Tasman vers le Nord avec des vents d’Ouest prévus à 35 nœuds et de fortes précipitations, nous décidons d’aller nous abriter à Whitianga sur la côte Est de la péninsule de Coromandel.

De plus, nous avons deux bons copains de Tahiti, Eva et René, qui ont loué un camping-car et qui sont prêts à faire un grand détour pour nous revoir alors l’on ne peut pas rater ça !

Nous aimerions trouver une place dans la petite marina de Whitianga en attendant que la dépression passe mais celle-ci est complète en raison d’une compétition de pêche qui a lieu ce weekend end là.

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L’on se dit que l’on n’a qu’à se rendre dans la baie de Mercury (la baie de Whitianga) et que l’on avisera une fois sur place. Lorsque l’on met les voiles, Maya me demande si nous allons naviguer la nuit. Cela fait plusieurs fois qu’elle me pose cette question alors je finis par lui demander qu’elle en est la raison. Je suis très étonnée par sa réponse car je m’attendais à ce qu’elle me dise qu’elle a peur ou qu’elle n’aime pas naviguer la nuit. Et bien, pas du tout, au contraire, elle m’explique qu’elle adore naviguer la nuit car elle aime entendre le bruit de l’eau qui s’écoule contre la coque de Ninamu et qu’elle aime se faire bercer par le ronronnement du pilote situé juste au-dessus de sa cabine. Surprenant de la part d’une petite fille même si au fond je la comprends.

Arrivés à Mercury bay, l’on est étonnés de ne voir aucun bateau au mouillage. D’habitude cette constatation nous ravit mais là nous sommes plutôt inquiets et nous nous demandons si nous avons bien fait de quitter notre corps mort à Great Mercury Island.

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En progressant vers l’intérieur de la baie, nous apercevons enfin quelques voiliers au mouillage derrière Shakespeare cliff, dans la petite baie de Maramaratotara. Nous décidons d’aller y jeter l’ancre en essayant d’éviter un caillou, le pandora rock, signalé par nos cartes mais que l’on n’arrive pas à localiser visuellement. Avec le bol qu’on a, on risque de se le prendre ! Car pour ma part et à l’inverse de Florent, je ne fais pas une confiance aveugle au GPS.

Une fois l’ancre jetée, nous nous rendons en annexe à la marina afin de voir si par miracle, ils n’auraient pas une petite place qui se serait libérée pour Ninamu… Ils ont l’air sincèrement désolés de ne pouvoir nous aider. Le gérant de la marina finit par nous dégoter un corps mort situé sur la rivière Whitianga en appelant le harbour master. C’est celui d’un gros bateau de pêche absent pour le moment donc il devrait être assez costaud pour affronter le coup de vent.

Le corps mort a l’air très solide et en bon état mais il est situé très près de la côte ce qui nous rassure qu’à moitié car en cas de vent d’ouest (ce qui est prévu), Ninamu va se retrouver le cul au bord de la falaise. Il y a-t-il assez de fond ou notre quille va-t’elle encore s’enliser ? Nous ne sommes pas très rassurés mais c’est ça ou rester dans la baie qui est quand même très ouverte sur l’océan.

Naviguer sur la rivière Whitianga comporte plusieurs difficultés : sa faible profondeur et un très fort courant permanent (entre 2 et 3 nœuds).

Nous sommes à mi marée montante et nous décidons d’aller sur le corps mort avant que la pluie ne se mette à tomber et le vent à souffler trop fort (40 nœuds de prévu) ce qui rendrait la manœuvre difficile.

Nous suivons scrupuleusement le chenal hormis un petit écart du à la distraction de Florent (mais c’est vrai qu’il aime bien vivre dangereusement) et sommes littéralement poussés dans la rivière par un courant de 3 nœuds. Je n’ai pas intérêt à louper la bouée. Ninamu, bien que très manœuvrant habituellement, a du mal à faire son demi-tour. La côte est juste sur tribord et derrière nous menace un gros banc de sable. Hum… courant plus banc de sable nous rappellent de biens mauvais souvenirs. Évidemment, Maya en profite pour embêter son frère et par là même ses parents.

Finalement, j’attrape sans trop de difficulté le corps mort et nous nous amarrons sans problème.

 

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La nuit, le déluge escompté ne tombe pas et au matin, le vent de sud-ouest monte progressivement. Pendant que je fais le CNED à Maya, Florent s’occupe de faire la lessive et de recharger notre bouteille de gaz. Mais je ne suis pas rassurée lorsqu’il n’est pas à bord car j’ai peur que le bout du corps mort pète. Il y a un conflit entre le courant et le vent qui ne sont pas orientés dans le même sens. Résultat : Ninamu se retrouve à contre-courant, le bout tire, la côte se rapproche et cela me rappelle de mauvais souvenirs (lorsque notre corps mort avait cédé en pleine nuit à la marina Taïna à Tahiti en 2012). Encore un miracle : on ne s’était ni échoué sur la côte ou un récif, ni emplafonné sur les voiliers à proximité, juste heurté « gentiment » un catamaran qui avait sonné l’alerte car nous dormions profondément tout en dérivant.

 

La tempête finit par arriver et les rafales vont jusqu’à 35 nœuds. Nous commençons à en avoir marre d’être là, coincés dans le bateau. Le vent et le courant rendent les trajets en annexe très difficiles : nous sommes aspergés par les vagues. Et les enfants deviennent intenables à force de rester enfermés dans Ninamu.

Ça souffle, ça tire sur le bout ; y’en a marre ! Nous nous équipons (cirés, gilet de sauvetage pour les enfants) et décidons que nous ne sommes pas en sucre ; il faut aller à terre pour se défouler. L’on fait une belle et longue promenade sur la plage qui nous fait le plus grand bien à tous. Le retour en annexe est pire qu’à l’aller mais l’avantage dans ce sens, c’est qu’en arrivant à bord l’on peut se déshabiller et se sécher.

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Si c’était à refaire, ce n’est pas sûre que l’on choisirait cette option du corps mort sur la rivière Whitianga et ce, malgré l’accueil très chaleureux que nous avons eu. Les gens ne sont apparemment pas habitués à voir beaucoup de voiliers de passage dans ces coins là et tout le monde croisé en bateau prenait soin de nous saluer, ce qui est assez inhabituel en Nouvelle Zélande.

Ceci dit nous n’avons pas de regret car c’est avec joie que nous avons pu revoir nos copains Eva et René.

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Une fois la tempête passée, l’on s’empresse de s’échapper de la rivière et l’on se sent libres !

Nous mouillons devant la plage de Hahei, non loin du très beau site de Cathedral Cove qui est une splendeur de la nature façonnée par les vents, la mer et l’érosion.

Le site, en ce long week-end prolongé, est bondé. Il y a des touristes partout, l’on se croirait sur une plage de méditerranée en plein mois d’août ! Le passage incessant des taxi boat est infernal. Le site de Cathedral Cove est accessible soit par la mer, soit par un joli (et facile) sentier de randonnée (30 minutes environ). Beaucoup de personnes font l’aller à pied et le retour en bateau.

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Nous décidons de revenir le lendemain matin très tôt afin de profiter du site plus sereinement.

Mais le lendemain à 7 heures, il y a déjà une bonne dizaine de personnes soit venues en kayac, soit ayant dormi sur place (ce qui est interdit). L’on apprécie le site beaucoup plus que la veille. C’est vraiment très beau, une splendeur de la nature comme le prouvent les photos.

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Puis nous choisissons de retourner à Great Mercury Island que nous atteignons après une courte navigation. Nous mouillons devant la plage de Peachgrove toujours aussi belle. Sable blanc, eau cristalline, pohutukawas resplendissants… Mais ce petit paradis est terni par l’arrivée d’un nouveau coup de vent qui nous fait une fois de plus nous réfugier à Huruhi sur un corps mort. Nous essuyons de bonnes rafales de vent froid du Sud-Est à 30 nœuds ; la nuit nous sentons le bout du corps mort mis à rude épreuve : ça tire, ça souffle très fort et l’on dort très mal. Le pire c’est qu’un autre front est attendu pour dans quelques jours. Ah ! Les joies de la navigation en Nouvelle Zélande avec ses successions de coups de vent changeant de direction en fonction de la provenance des dépressions. Ce n’est plus le régime pépère de la navigation sur la route des alizés. Pourtant, il va nous falloir trouver la bonne fenêtre météo pour rejoindre Great Barrier Island en passant entre les dépressions. Se retaper le canal de Colville avec une mer agitée et beaucoup de vent ne nous réjouit pas vraiment… Finalement, cette navigation ne se passe pas si mal, le vent de Sud-Est souffle entre 20 et 25 nœuds, il y a deux mètres de houle mais nous sommes en vent arrière et l’allure est bien plus confortable que la fois précédente.

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Nous mouillons à Tryphena où tous les bateaux ont disparus. La nuit, un nouveau coup de vent se fait sentir, du Sud-Ouest cette fois-ci, rendant le mouillage très inconfortable. Nous nous réfugions dans le petit port vers le quai des ferry où nous sommes plus ou moins abrités de la houle qui forcit et rentre dans la baie.

Nous commençons à en avoir marre de ce vent (c’est ballot pour des navigateurs à la voile), cela fait plus de 10 jours que nous dormons mal, ballottés par la houle, le courant et les rafales. Et c’est à ce moment, que nous prenons la décision d’aller dans l’île du Sud en avion finalement. Oui, on peut faire figure de marins d’eau douce mais qu’importe.

L’escale à Tryphena nous permet de découvrir de nouveaux sentiers de randonnées. Notamment la courte balade de Station Rock walkway qui mène à un point de vue sublime donnant sur la baie de Tryphena d’un côté et la plage de Medlands de l’autre.

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Le Kowhai Valley track que l’on emprunte au bout de Rosalie Bay road mène à la plage de Medlands en moins de deux heures. Après il faut faire du stop pour rentrer à Tryphena mais cela marche assez bien. Les 885 habitants de l’île ainsi que les touristes étant habituellement très enclins à s’arrêter.

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Le lendemain, je quitte Ninamu et son équipage pour reprendre ma revanche sur le mont Hobson qui s’était auréolé de nuages lorsque j’étais arrivée à son sommet l’an passé.

Je fais une belle randonnée : une boucle de 1070 mètres de dénivelé positif qui se fait en 5 heures. Le départ de Windy Canyon par le Palmers track menant au mont Hobson est moins dur et moins long que le Kairaara track mais vous n’échapperez pas aux escaliers finaux. Un ingénieux système d’escaliers a été édifié afin de protéger les nids des pétrels noirs mais aussi afin de venir à bout du rocher sommital. A savoir qu’un enchevêtrement d’escaliers successifs vous fera cracher vos poumons quel que soit la voie d’accès que vous choisirez pour atteindre le sommet du mont Hobson.

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Si la vue est beaucoup plus dégagée que l’an passé, il y a néanmoins quelques nuages qui viennent gâcher mon plaisir. Je redescend vers le refuge du mont Heale (j’avais oublié la pénibilité des marches d’escalier de ce côté-là) puis m’engage sur le Peach Tree track (très joli sentier).

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A la bifurcation, je prends le Tramline Track North afin de rejoindre Aotea road et faire du stop vers Port Fitzroy où Florent est censé avoir mouillé. Je ne m’étais pas assez bien renseigné sur le sentier avant de m’y engager mais fort heureusement celui-ci était bien sec car il est HYPER raide sur certaines portions ! Ceci dit, cela ne m’empêcha pas de glisser et au bout de quelques chutes, j’oublie tout style et décide de descendre sur les fesses. C’est un joli sentier mais à ne pas faire s’il est mouillé (dégringolade assurée) et pas conseillé pour les enfants non plus. C’est vraiment casse-gueule.

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Arrivée sur la route goudronnée en étant soulagée de ne m’être rien cassé, j’entreprends de faire du stop et la première voiture qui passe et qui s’arrête, est celle de Gérald ! Quelle coïncidence ! Cela me fait plaisir de le revoir en si bonne forme, son greffon rénal se porte très bien et il me dit une chose toute simple mais qui me touche beaucoup : « je ne me suis jamais senti aussi bien de toute ma vie ». Vous vous rendez compte de la puissance de cette phrase ? Si les personnes qui refusent le don d’organes pouvaient comprendre à quel point cela peut aider ceux qui restent…

De retour à bord de Ninamu, le mont Hobson me nargue dans un ciel bleu éclatant et je me dis qu’il va falloir que j’arrête de le gravir le matin car j’ai remarqué que souvent en fin de journée, il se découvrait.

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Mouillés à Kaiaraara bay, nous dormons profondément bien, à plat, ce qui ne nous était pas arrivé depuis plus de dix jours !

Le lendemain, direction Smoke Bay House pour le décrassage de nos têtes, de nos corps, du site et ramassage de moules. A terre, nous faisons la connaissance de Karen et Andrew, deux fermiers qui ont une exploitation de chèvres à Matamata. Ils ont le contact facile et nous discutons pendant qu’ils font fumer les poissons qu’ils ont pêchés. Ils sont très sympathiques et bien que sirotant un verre de vin blanc confortablement installés dans de gros poufs, il sont admiratifs de Florent qui s’active à nettoyer la cabane, alimente le feu, répare le toit…A la tombée de la nuit, ils viennent nous voir sur Ninamu pour nous offrir des snappers fumés. Apparemment, ils ont été très touchés par le fait que Florent (un étranger) prenne tant soin de Smoke House alors que bon nombre de kiwis, ne font que passer et profiter du site sans chercher à contribuer d’une manière ou d’une autre à son entretien.

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Pour le coup, nous les invitons à boire un verre à bord et en discutant nous nous rendons compte qu’ils sont définitivement francophiles (ils sont voyagé plusieurs fois en France), qu’ils adorent le fromage, la baguette, le vin français et le foie gras ! Ils dégustent notre bordeaux en l’appréciant, ce qui nous fait très plaisir. Ils sont extrêmement chaleureux et nous invitent avec insistance dans leur ferme. Cette rencontre est incroyable, peut être que l’on ira leur rendre visite. En se quittant, Karen finit de me surprendre en se précipitant vers moi pour me faire la bise ! Je suis tellement surprise (moi qui m’apprêtait à lui faire un big hug) que j’ai presque un mouvement de recul ; comme si les rôles étaient inversés ! C’est qu’avec le temps, je me suis faite à serrer les gens dans mes bras.

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Le lendemain, nous levons l’ancre pour aller mouiller à Bradshaw Cove afin de rejoindre nos copains Nathalie et Jean-Yves à Kaïkoura. Ils sont venus de Tahiti pour passer une semaine à bord du voilier d’un de leurs amis et nous avons failli nous rater ! Finalement, le hasard a bien fait les choses. Nous passons une bien agréable soirée en leur compagnie et grâce aux indications de Nathalie je fais une jolie balade le lendemain. Elle consiste à prendre la route qui part du mouillage, arrivé à la piste d’aéroport, prendre le sentier sur la droite puis encore sur la droite et l’on arrive en 30 minutes sur un monticule rocheux qui offre un magnifique point de vue à 360°. L’on peut réaliser une boucle en poursuivant le sentier vers le Nord mais il faudra une heure de plus pour rejoindre le mouillage et surtout affronter des touffes de « piquantes » comme les appelle Maya, des plantes qui comme leur surnom l’indique, pénètrent la chair sans pitié. Shorts proscrits. Très beaux points de vue sur tout port Abercrombie et le Nord de GBI.

Pour nous, ce mois de février sera celui des rencontres et des retrouvailles : Jim et Gail, Eva et René, Kaity et Gerald, Karen et Andrew et enfin Jean Yves et Nathalie.

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Comme la météo est exceptionnelle, nous décidons d’aller mouiller sur la côté Est de GBI, qui offre peu de mouillages certes mais le temps est si clément que c’est l’occasion ou jamais.

Au moment où je relève l’ancre, Florent se rend compte que la manette des gaz est coincée, impossible de manœuvrer le bateau. L’on remouille en catastrophe avant d’aller percuter le catamaran qui se trouve à proximité et vers lequel le vent nous pousse. Le temps de déjeuner et de régler ce petit problème technique, nous mettons les voiles vers le Nord de GBI. En chemin, un groupe de baleines débonnaires passent à proximité de Ninamu. Instant toujours magique.

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Nous contournons les belles aiguilles de la pointe Nord de Great Barrier et allons jeter l’ancre à Whangapoua. L’immense et magnifique plage nous fait oublier que le mouillage est un peu rouleur. Mais malgré toute cette beauté et quelques dauphins curieux, après avoir roulé toute la nuit et très peu dormi, nous décidons de changer d’ancrage au plus vite. Florent n’est pas très content, pour ma part, je trouve cela super d’être sur la côte Est. J’aime tellement les choses déraisonnables… Florent est peut-être plus pragmatique et ‘terre à terre’. Inutile de préciser que nous sommes le seul bateau.

Nous nous abritons dans la baie de Harataonga dont le cadre est superbe. Les conditions météo sont bonnes et nous pouvons dormir sur nos deux oreilles sans rouler. Florent a le courage de se mettre à l’eau pour pêcher et nous dînons de deux poissons bizarres et un peu gélatineux.

Je suis profondément heureuse d’être là même si le lendemain je dois parcourir de nombreux kilomètres à pied afin de me connecter à internet pour des raisons professionnelles.

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A l’Est de GBI se trouve une petite île : Rakitu (Arid Island) où il est possible de mouiller. C’est une très belle île, dommage que le seul mouillage abrité (The Cove) soit si petit. Notre guide nautique indique que 12 bateaux peuvent y contenir mais lorsque nous y arrivons, il y a déjà 3 bateaux et il serait déraisonnable de mouiller à côté d’eux. En effet, le vent va forcir et s’inverser alors cela ne nous parait pas prudent que d’aller s’entasser dans cet espace exigu.

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Dommage. Nous décidons de revenir vers les mouillages de la côte ouest et plus spécialement à Katherine Bay où nous n’étions jamais allés. Nous jetons l’ancre à Nimaru Bay dont le nom nous fait sourire. C’est un si joli mouillage que l’on demande bien pourquoi nous n’y étions jamais venus auparavant alors qu’il n’est pas si éloigné de Port Fitzroy. Comme quoi, parfois dans la vie nous passons devant de belles choses ou de belles histoires et nous les manquons, pour différentes raisons.

Un sentier part de la plage et mène en 30 minutes au Knoll lookout d’où la vue à 360° sur Port Abercrombie, Katherine Bay et le mont Hobson est très belle. L’on peut descendre sur Karaka Bay en poursuivant le sentier ou revenir sur ses pas.

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C’est en voilier que nous nous rendons à Karaka Bay, encore un beau mouillage méconnu qui nous surprend. Après plus de deux mois passés à Great Barrier Island, pas mal de mouillages et de sentiers parcourus, l’on se rend compte que l’on ne connaît pas encore bien cette île. Il y a encore tant à découvrir. C’est surprenant comme l’on peut passer à côté de tant de belles choses sans s’en rendre compte juste parce que l’on passe trop vite justement. Pourtant nous n’avons pas eu l’impression de « bâcler » GBI, c’est notre 4ème visite sur l’île et elle n’est pas si grande, pourtant l’on continue à s’émerveiller de recoins inexplorés.

La nuit alors que tout le monde dort à bord de Ninamu, j’entends de drôles de pshutt à proximité de la coque. Qu’est-ce que cela peut bien être ? Des baleines ? Des dauphins ? Je sors sur le pont en essayant de scruter la mer mais il fait nuit noire, je n’ai pas mes lentilles et je n’arrive pas à distinguer quoi que ce soit. Pourtant les pshutt se répètent et sont tout près ; cela fait même bouger le bateau !

J’aurai la réponse le lendemain à Smokehouse Bay où nous sommes retournés. Alors que nous montons dans notre annexe et nous dirigeons vers la plage, un groupe d’orques (oui des immenses orques !) passent à côté de nous et sous le dinghy ! C’est franchement impressionnant et même s’ils ne semblent pas belliqueux, l’on préfère les observer de loin . Des baleines, des orques, des groupes de dauphins, des randonnées superbes, de l’eau cristalline… Great Barrier Island, c’est tout ça alors comment ne pas adorer cette île fantastique ?

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A terre nous discutons avec des kiwis propriétaires d’un luxueux yacht à moteur et qui font fumer les nombreux poissons qu’ils ont pêchés. Une fois leur fumage achevé, ils viennent nous offrir un gros poisson délicieux. J’ai tellement à cœur de les remercier que le lendemain, je leur prépare une quiche au bacon en rajoutant une cuillère à café de miel dans la préparation suivant les bons conseils de Joséphine. Apparemment la quiche était bonne car après avoir quitté le mouillage quelques heures, ils reviennent nous offrir deux snappers qu’ils viennent de pêcher et encore un poisson fumé. Heureusement que c’est dimanche et qu’ils doivent rentrer à Auckland car ces échanges culinaires n’auraient jamais eu de fin ! Pour le coup, l’on se retrouve avec presque trop de nourriture.

Ça c’est la version sympa des kiwis.

Au même endroit, nous avons eu un autre aperçu qui nous a un peu moins plu : deux voiliers kiwis faisant leur carénage à Smokehouse bay. Nous avons trouvé un peu déplacé de pourrir l’environnement avec leur antifouling gratté, leurs pots vides de produits chimiques posés à même la table où les marins se retrouvent de manière conviviale le soir pour l’apéro et manger. Le moteur hors-bord cradingue démonté posé également sur la table où l’on se nourrit. Sans oublier l’huile de vidange versée dans le poêle à bois ! Leur attitude nous a beaucoup choquée mais nous n’avons pas osé (à tort ?) leur faire de reproches car nous n’étions pas ‘chez nous’.

Nous quittons GBI sous un déluge qui se déclenche 5 minutes après que nous ayons remonté l’ancre ; comme si cette île que nous aimons tant était elle aussi triste de nous voir partir.

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Nous faisons une escale de quelques jours à Waiheke avant de rejoindre la marina de Gulf Harbour où nous laisserons Ninamu durant notre voyage en camping-car dans l’île du Sud.

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Nous mouillons à Rocky bay qui est une baie pratiquement fermée par un récif qui découvre à marée basse. Une petite passe permet d’accéder au mouillage qui est peu profond et dont l’eau est presque chaude. Cette baie donne sur une belle plage peu fréquentée à l’orée du parc Whakanewha jalonné de nombreux sentiers de randonnées.

Un bus dessert toutes les heures le supermarché countdown situé à 3 kilomètres de là.

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Nous faisons une escapade à Onetangi où l’on se rend en bus. Balades sur la plus grande plage de Waiheke et sur quelques petits chemins alentours avant d’aller au restaurant 4th Avenue pour fêter notre retour prochain à Tahiti. Joli cadre pour ce restaurant de bord de mer et même si le menu n’a rien d’original (éternels fish’n’chips et burgers), les fajitas étaient très bonnes.

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Dernière nuit au mouillage Woody bay de l’île Rakino où tous les bateaux d’Auckland semblent affluer en ce beau week end ensoleillé de fin d’été. C’est l’invasion, ça arrive, ça repart et l’on voit même Philemon, l’ancien voilier de nos copains Josselin et Stéphanie, rebaptisé Dune.

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Le lendemain, navigation tranquille et lente vers Gulf Harbour marina, ponctuée de quelques rencontres avec des porte-conteneurs qui nous rappellent le passage du canal de Panama il y a 3 ans déjà…

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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 18:29
GOLFE D’HAURAKI 

Nous voilà de retour à la marina de Gulf Harbour afin de faire réparer notre dessalinisateur. Mais lorsque j’appelle le prétendu réparateur, son boss m’informe que ce dernier est en vacances et qu’il ne répond pas aux nombreux messages téléphoniques qu’il lui a laissé ! Nous sommes furax : il n’aurait pas pu nous le dire avant que son employé serait en vacances ?! La météo est vraiment exceptionnelle et nous voilà comme des couillons, amarrés au ponton d’une marina alors que l’on pourrait naviguer !

GOLFE D’HAURAKI GOLFE D’HAURAKI 

Nous décidons de ne pas nous laisser abattre et de mettre à profit notre séjour en marina. L’on doit équiper Ninamu d’une nouvelle chaine car - pour ceux qui ne suivent pas - celle que nous avons n’est pas tout à fait adaptée à la poupée de notre nouveau guindeau électrique. De plus, comme nous projetons de naviguer vers l’île du Sud où les mouillages sont profonds, nous aimerions passer de 50 mètres à 70 mètres de longueur de chaine.

GOLFE D’HAURAKI GOLFE D’HAURAKI 

L’on se rend chez Chains, Ropes and Anchors, magasin situé en périphérie d’Auckland que nous avaient conseillé nos copains du voilier Zingaya. Nous sommes épatés par le professionnalisme de leurs vendeurs et leur honnêteté : ils n’arrivent pas à comprendre exactement notre problème et pourquoi celui-ci survient (la chaîne « saute » sur le guindeau électrique lorsqu’on la remonte). Ils prêtent à Florent 10 mètres de chaîné afin que celui-ci l’essaye directement sur notre guindeau. Après un essai concluant, nous retournons au magasin le lendemain afin d’acheter nos 70 mètres de chaîne de 10 mm qui s’adapteront parfaitement à notre guindeau. Alléluia ! Et merci aux parents de Florent, Bernadette et Philippe, qui nous ont offert cette superbe chaîne de très bonne qualité comme cadeau de Noël.

GOLFE D’HAURAKI 

Seul petit bémol, nous sommes déçus de ne pas avoir aperçu la pin-up figurant sur leur logo mais le vendeur me jure qu’elle est à l’étage en train de travailler. Travailler ? Mon œil !

Comme nous avons loué une voiture, nous en profitons pour aller faire un tour à Auckland. Arrivés au pied des gratte-ciel, Matéo très impressionné par tout ce béton, s’écrie : « Oh ! Ça c’est la France ! ». Cela nous fait bien rire même si l’on prend soin de lui expliquer que c’est juste une grande ville moderne.

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Escale chez le caviste du marché français La Cigale situé à Parnell et razzia sur les bouteilles de bordeaux car nous n’en pouvons absolument plus du vin rouge néo-zélandais.

Puis nous flânons dans la zone industrielle située près de West Haven et qui est en pleine réhabilitation : potagers, jeux pour enfants, œuvres d’art, restaurants, piano en libre-service… Nous nous amusons à pédaler sur une bicyclette sans roues équipée d’une dynamo qui alimente la pompe d’arrosage du potager toutes les deux heures. Nous ne pédalerons pas très longtemps car le soleil est écrasant, nous avons trop chaud mais l’on ne va pas se plaindre.

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GOLFE D’HAURAKI 

Nous déjeunons au Fish Market d’Auckland, qui est un endroit bien sympa pour manger du poisson frais et du sashimi. Mais attention à NE PAS CONSOMMER LEUR THON FUME : j’ai fait un choc histaminique (dont je vous passerai les détails) après en avoir ingéré. Je me suis vu crever et c’est peu dire. Et n’allez pas croire que c’est ma nature méditerrannéo-slave qui accentue la gravité des symptômes que j’ai présenté ; Florent est témoin de l’état calamiteux dans lequel il m’a trouvé malgré une ingestion rapide de polaramine (certes périmée depuis 4 ans) et d’une dose de cheval de corticoïdes sublingual. Je m’étais même préparé une ampoule d’adrénaline au cas où…

Comme nous sommes à la recherche d’un réparateur de dessalinisateur, nous nous adressons à une entreprise ayant pignon sur rue: General Marine Services qui nous affirme pouvoir nous trouver quelqu’un pour la semaine suivante (car leur gars AUSSI est en vacances, décidément). On se demande bien si ce n’est pas le même qui travaillerait pour plusieurs boites.

Nous mettons à profit notre escale forcée en nous baladant dans le Shakespear Regional Park qui occupe l’extrémité de la péninsule de Whangapararoa : plages, balades, c’est un très joli coin.

Comme c’est le weekend end, nous nous échappons de la marina pour aller à Motutapu Island le temps que le réparateur de dessalinisateur revienne de ses vacances.

 

GOLFE D’HAURAKI GOLFE D’HAURAKI 
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MOTUTAPU ISLAND :

 

GOLFE D’HAURAKI 

C’est une île sacrée pour les maoris, qui contiendrait plus de 300 sites archéologiques. C’est l’île sœur de Rangitoto à qui elle est accolée.

Une petite navigation agréable de 10 miles nous conduit de la marina à notre mouillage, l’on n’avance pas bien vite mais l’on est heureux de naviguer. Un petit groupe de dauphins indifférents passent en nous snobant. Peufff… après le spectacle grandiose auquel nous avons eu droit à Great Barrier Island, vous pouvez aller vous rhabiller , bande de snobinards !

Dans un style moins futile, nous sommes ‘fiers’ de hisser le pavillon nautique Charlie suite au massacre perpétré à la rédaction de Charlie Hebdo. Nous sommes tellement choqués, tellement loin, nous nous sentons tellement impuissants que, hormis donner de l’argent (et l’avenir nous montrera que ce n’était pas la meilleure option avec le ‘poison des millions’) que nous voulons au moins montrer notre solidarité, que l’on y pense. Peu de chose certes, mais pas l’indifférence.

GOLFE D’HAURAKI 

L’île de Motutapu a été fortement déforestée par les colons afin d’en faire des pâturages mais depuis 1994 plus de 500 000 arbres ont été replantés par des volontaires afin d’essayer de restaurer son état initial. Des kiwis ont même été réintroduits l’an dernier.

Comme c’est l’anniversaire de Florent et que le mouillage est un peu rouleur à Station Bay, nous changeons pour Islington Bay où c’est beaucoup plus calme même s’il y a vraiment beaucoup de bateaux.

Nous faisons un bon repas arrosé d’un merveilleux Haut Médoc ; dommage que le gâteau d’anniversaire ne ressemble à rien…

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Lundi, nous rentrons à la marina afin de recevoir la visite de Chris Lawrence, le réparateur de dessalinisateur envoyé par General Marine Services. Il a l’air bien septique devant notre problème. Il nous conseille de changer deux manomètres défectueux du circuit (en aucun cas responsables de la panne mais dont le fonctionnement pourrait aider au diagnostic de celle-ci). Il nous suggère également de changer le filtre qui n’est pas tout à fait adapté ; il a raison et nous suivons ses conseils même si notre dessalinisateur a parfaitement fonctionné durant 4 ans avec le mauvais filtre.

Il revient le lendemain avec les deux manomètres flambants neufs (facturé 155 NZD chacun… glups), mets un peu de gel de silicone sur un joint et regarde notre dessalinisateur fonctionner… parfaitement. Il a beaucoup d’humour et part dans un délire selon lequel il aurait réparé notre dessal par apposition des mains (car effectivement celui-ci refonctionne). Bon public, je rigole à ses blagues vaseuses mais je rigolerai beaucoup moins lorsque nous recevrons quelques jours plus tard sa facture de 1200 NZD !!! Une facture bien salée pour de l’eau douce… Nous sommes furieux de nous être fait avoir de la sorte. Le prix est absolument exorbitant alors que Chris nous a expliqué que le problème de notre dessal n’aurait été du qu’à la présence de bulles d’air accumulées dans la tuyauterie pendant l’hivernage de Ninamu ! Mais rien à faire : malgré nos protestations et réclamations, nous avons dû nous acquitter de cette facture faramineuse.

 

WAIHEKE ISLAND :

 

GOLFE D’HAURAKI 

Waiheke island, située à 35 minutes de ferry d’Auckland, est très urbanisée dans sa partie Ouest mais je trouve un charme indéniable à cette île-station balnéaire où se côtoient grandes plages de sable blanc, forêts, vignobles, magasins cosy, cafés et restaurants « gastronomiques ».

Le samedi matin se tient un marché à Ostend : nourriture, artisanat, fruits et légumes ; il y en a pour tous les goûts.

L’île est équipée d’un bon réseau de bus qui permet de circuler un peu partout. A savoir qu’il est plus intéressant de prendre un pass journalier à 10 NZD et qui permet de prendre le bus autant de fois que l’on veut dans la journée, plutôt que d’acheter des tickets à l’unité qui coûtent entre 3 et 5 NZD.

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Comme le vent souffle de Nord-Est nous mouillons dans la baie de Huruhi face au village de Blackpool. Le désavantage de ce mouillage est qu’il est très difficile de débarquer en raison des marées qui découvrent une grande surface de vase. Mieux vaut essayer de tirer son annexe côté ouest de la baie où se trouvent quelques cailloux qui rendent la surface du sol moins meuble.

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L’une des particularités de Waiheke est qu’elle est parsemée de sentiers pédestres : les public walkway. C’est une véritable toile d’araignée qui chemine aussi bien sur les côtes que dans les forêts ou entre les maisons des secteurs urbanisés ; c’est assez surprenant une telle volonté de… faire marcher les gens. En tous cas, cela me ravit et le lendemain, j’entraîne la famille pour une belle balade de 2H30 menant de Blackpool à Palm Beach. Attention à l’arrivée sur le côté ouest de la plage de Palm Beach qui est réservé aux nudistes et dont le spectacle a un peu choqué Maya. Le retour se fera en bus. Escale dans le village de Oneroa où nous déjeunons à l’Oneroa Beach Club de bons hamburgers (une fois n’est pas coutume) et d’inévitables fish’n’chips pour les enfants. Lors de la prise de commande nous sommes un peu surpris lorsque l’aimable serveuse nous demande un peu gênée une pièce d’identité. Elle nous explique que trop de gens se sauvent sans payer en saison estivale et que, pour y remédier le patron du restaurant a instauré cette règle.

Cela nous étonne d’autant plus que lors de notre balade, nous avons trouvé en chemin une petite échoppe qui vendait du miel (celui de Waiheke est assez cher) équipée d’une simple honesty box.

Ceci dit, je tiens à dire qu’en France aussi on peut avoir recours aux honesty box pour vendre du miel, j’en ai vu une de mes yeux vu dans les Pyrénées en redescendant un jour du mont Vallier.

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Florent n’accroche pas trop avec Waiheke qu’il trouve trop touristique ; de plus la baie de Huruhi avec ses plages de cailloux et ses difficultés pour débarquer n’aide pas à améliorer l’impression négative qu’il a de l’île. Nous changeons de mouillage, direction Owhanake Bay à l’ouest. La courte navigation pour y arriver est horrible : il y a des bateaux partout, les gens ont l’air surexcités, certains ont mouillé en plein milieu pour pêcher, d’autres nous collent au train alors que nous sommes à la voile sans que l’on comprenne pourquoi ! Sans oublier les nombreux ferry arrivant à fond et débarquant des hordes de touristes pour la journée à Waiheke ; mais que se passe-t’il aujourd’hui ? On se croirait dans la Bay of Islands à la même période l’an passé ! C’est vraiment pénible et stressant toute cette agitation nautique frénétique autour de notre pauvre voilier.

Nous passons la baie de Matiatia (alias la baie des ferrys) à éviter à tous prix en raison du grand nombre de bateaux et de la vingtaine de ferrys y passant chaque jour. C’est dommage car c’est une très jolie baie.

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La baie de Owhanake est saturée de bateaux en raison du vent de Nord-Est ; on se croirait aux Antilles ! C’est un très beau mouillage et point de départ de nombreuses randonnées.

Le village d’Oneroa n’étant pas trop loin à pied, je décide de m’y rendre afin d’envoyer en recommandé notre demande de renouvellement de visas. Mais lorsque j’arrive devant le bureau de poste, celui-ci est fermé car aujourd’hui c’est l’Auckland Day donc férié ! Cela explique tous ces bateaux et tous ces gens.

Pour le retour, j’emprunte un magnifique sentier côtier qui chemine de Matiatia à Owhanake, les points de vue sont époustouflants. Le sentier passe devant les maisons des millionnaires de l’île dont les jardins sont clôturés d’un simple câble ! L’on peut admirer leurs très belles demeures et les œuvres d’art qui trônent dans leurs jardins.

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Le lendemain, nous mouillons dans la baie de Oneroa, celle-ci étant très ouverte ça roule un peu mais c’est supportable. Mouiller devant le village, nous permet de faire des courses au supermarché, chez le boucher et de poster notre demande de prolongation de visas.

L’après-midi, je me rends en bus à Onetangi très belle et immense plage de sable blanc beaucoup plus sauvage qu’Oneroa. Florent ne veut pas venir, il veut changer d’île ; choix que je respecte mais je me sens frustrée de ne pas explorer plus Waiheke. Mon jugement est beaucoup moins sévère que celui de Florent à son sujet. Peut-être que cette ambiance un peu méditerranéenne me rappelle de lointains souvenirs ?

Un sentier appelé Coast to Coast part de Onetangi au Nord pour rejoindre Rocky Bay au Sud ; il chemine essentiellement en forêt, croise quelques vignes et offre de très beaux points de vue sur toute l’île. Je suis étonnée de constater que la partie Est de Waiheke soit complètement pelée et très peu urbanisée. Hélas, je n’apprécie pas à sa juste valeur l’arrivée à Rocky Bay dont je ne prends même pas le temps de visiter la plage tellement je dois courir afin d’attraper le dernier bus qui me ramènera à Oneroa de l’autre côté de l’île.

GOLFE D’HAURAKI 

Le vent ayant tourné au Sud-Est nous pouvons enfin envisager de naviguer vers la péninsule de Coromandel. Nous la regardions de loin depuis si longtemps ! Le vent souffle entre 15 et 20 nœuds et nous sommes au portant, autant dire que la navigation est plus qu’agréable. La mer est belle. Hélas, la deuxième partie de la navigation consistant à contourner l’extrémité Nord de la péninsule de Coromandel s’avère beaucoup plus galère : le vent et un courant de 3 nœuds sont contre nous ; une grosse houle malmène Ninamu. On hésite même un instant à changer de cap pour Great Barrier Island car l’on se demande bien comment Port Charles où l’on a prévu de s’arrêter pour la nuit pourrait être abrité de la houle.

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Les enfants nous rabâchent que c’est nul de naviguer et Maya a presque le mal de mer ; ce qui est exceptionnel en ce qui la concerne. Enfin arrivés à Port Charles, situé au Nord de la péninsule de Coromandel, c’est avec soulagement que nous constatons que celui-ci est abrité de la houle (mais pas des rafales de vent à cause d’un sacré effet venturi). Nous avons prévu de reprendre la mer le lendemain pour les Mercury Islands car selon nos prévisions météo, le vent devait tourner au Nord-Est.

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Nous passons une nuit agitée, seuls au mouillage, Ninamu tirant sur son ancre lors de puissantes rafales de vent pouvant aller jusqu’à 30 nœuds. L’on entend le vent mugir toute la nuit, un peu angoissés. Nous avons confiance dans notre mouillage mais le problème est que nous ne captons pas de signal internet, par conséquent nous ne pouvons actualiser nos prévisions météorologiques. Et au matin, le vent souffle toujours fort de Sud-Est pile poil le cap où nous voudrions aller !

Le vieux sujet de polémique à bord de Ninamu ressurgit : nous aurions dû acheter un iridium ! Je n’ai jamais bien compris la réticence de Florent envers cet achat. Le prix ok, mais c’est quand même un sacré gage de sécurité surtout pour nous qui aimons bien nous retrouver loin de tout dans des lieux isolés.

Pour couronner le tout, une de nos boussoles n’indique plus le Nord… mais qu’est ce qui lui arrive ? Florent se mets en tête de la réparer. Mon scepticisme est réconforté par la présence d’une deuxième boussole à bord.

Il nous faut prendre une décision : soit rester à Port Charles, soit retourner à Great Barrier Island ; nous choisissons cette solution de repli et mettons le cap vers Tryphena.

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GOLFE D’HAURAKI 

La mer du canal de Colville nous parait monstrueuse avec ses 3 mètres de houle obligeant Florent à barrer en continu ; le pilote automatique ne pouvant assurer face à une mer aussi désordonnée. Le vent de Sud-Est souffle à 25-30 nœuds et nous avons fait l’erreur de ne prendre qu’un seul ris dans la grande voile. C’est je crois, la première fois que nous ressentons le besoin de revêtir nos gilets de sauvetage. Les enfants quant à eux jouent imperturbables à l’intérieur du carré ! La navigation est difficile et je suis quelques peu soucieuse lorsque le voilier, trop toilé, fait des embardées. Florent a l’air de bien « s’amuser » à la barre, il se fait réellement plaisir même si c’est physique. Ninamu file à 8-9 nœuds malgré le ris dans la grande voile et notre génois partiellement enroulé.

L’arrivée à Tryphena est triomphale, nous sommes accueillis par de grands signes de bras de la part de l’équipage d’un bateau à moteur qui semble sidéré par ces français qui naviguent dans ces conditions épouvantables. Nous sommes bien les seuls « tarés » à avoir sorti les voiles ce jour-là !

Plus tard, nous apprendrons que le canal de Colville est considéré par les marins néo-zélandais comme l’un des pires endroits au monde où naviguer ! Ceci dit, je pense quand même que le détroit de Cook situé entre les îles du Nord et du Sud est bien plus redoutable au vu de ce que l’on nous en a dit.

Le mouillage à Tryphena est désert, quel contraste avec un mois auparavant ! A terre, tous les touristes ont disparus et l’ambiance n’est plus du tout la même, moins survoltée. Tous les locaux croisés nous saluent.

Le lendemain, nous partons en balade, nous aimerions faire le Dolphin Bay Track mais ce n’est pas un bon jour pour les enfants Gachod qui débutent la litanie des « a bocou faim- a bocou soif- a fatigué- a sa mont’ tro » dès le 3ème kilomètre ! On n’est pas rendu, d’autant plus que le panneau indique 3H aller-retour. Nous avons aussi la version plus élaborée : « pourquoi est-ce que nous devons toujours marcher ? ». A laquelle je réponds toujours la même phrase sincère mais apparemment agaçante : « Mais pour admirer la beauté du monde ! ».

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Bon, vu comment c’est parti, on décide que Florent retourne au bateau avec les enfants (qui pour le coup se sentent pousser des ailes et courent sur le chemin du retour) et que j’aille au sommet du mont Ruahine pour apprécier l’état de la mer.

Le sentier qui y conduit vient d’être refait à neuf : balisage, mains courantes, panneaux signalétiques. Cela m’étonne énormément car qui peut bien venir ici ? La majorité des gens font le mont Hobson mais le mont Ruahine…Un panneau indique à un moment : « easy walk for mont Ruahine », ce qualificatif me semble bien mal choisi car le sentier est glissant, souvent raide, étroit et encombré de racines perfides dans lesquelles l’on se prend les pieds même en faisant attention !

Au sommet (à 402 mètres d’altitude) la vue est belle mais elle n’est pas panoramique : elle ne donne « que » sur la baie de Johnson et sur la péninsule de Coromandel. La mer est calme, calme, calme ; c’est à peine croyable après la grosse houle que nous avons dû affronter la veille.

GOLFE D’HAURAKI 

Nous décidons de mettre les voiles le lendemain après avoir fait un dernier point météo le matin du départ. En raison d’une dépression remontant de la mer de Tasman vers les îles de Nouvelle Zélande, nous entamons un conciliabule météo qui dure 2H30 ! Deux heures trente d’indécision, à échauder des hypothèses, des projets de navigation, des plans sur la comète… qui au final, nous prennent tellement la tête que nous décidons de jouer la prudence et de retourner à Port Fitzroy afin d’être à l’abri lors du passage de cette dépression. Il faut dire que depuis notre quasi-échouage à Parengarenga Harbour, nous sommes beaucoup plus prudents.

Mais à la sortie de la baie de Tryphena, au dernier moment, nous nous regardons avec Florent et changeons de cap pour les Mercury Islands ! Oui, je sais, nous sommes incorrigibles mais l’on n’arrive pas à se résoudre à poireauter une semaine de plus ici bien que l’on adore Great Barrier Island.

La mer est calme, pas plus d’un mètre de houle du vent qui souffle enfin de Nord-Est à 10 nœuds. Nous sommes au travers, nous n’avons que 25 miles à parcourir, Ninamu file à 5 ou 6 nœuds. On se dit que l’on trouvera bien une solution de repli lorsque la dépression sera là et puis ce ne sera pas la première fois où l’on aura à affronter des vents de 35 nœuds au mouillage.

 

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Arrivés à Great Mercury Island, notre appréhension (avons-nous fait le mauvais choix ?) s’envole vite devant la beauté sauvage des lieux. Nous sommes contents d’être enfin là. Nous sommes l’un des rares bateaux au mouillage et il ne manque juste qu’un peu de soleil pour que l’instant soit parfait.

GOLFE D’HAURAKI 

 

 

 

 

 

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GOLFE D’HAURAKI 
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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 21:19
Great Barrier Island (bis)

Après 6 mois passés à la Réunion pour raisons professionnelles, nous voilà de retour en Nouvelle Zélande.

Il nous aura fallu 25 heures d’avion, se trimbaler 160 kilos de bagages, gérer l’épuisement de nos enfants et quelques prises de tête avec des fonctionnaires de compagnies aériennes bornés (suspicieux car nous n’avions pas de billet d’avion de retour) pour enfin nous avachir dans des lits douillets à proximité de l’aéroport d’Auckland.

Le lendemain, nos copains Mervin et Shirley ont la gentillesse de venir nous chercher afin de nous emmener à Whangarei. Nous sommes crevés mais c’est avec un réel plaisir que nous assistons le soir même à un barbecue en l’honneur de l’anniversaire de Shirley. Toujours le même cérémonial : on se sert soi-même, on mange vite et on débarrasse !

Dès le jour suivant, Florent se lance dans le carénage de Ninamu et parvient à réparer notre chauffe-eau électrique dont le thermostat était cassé. Ce n’est pas une mince affaire car le dit chauffe-eau est situé sous les planchers entre les deux cabines arrières. Mais heureusement, grâce aux talents de contorsionniste du capitaine, nous allons pouvoir à nouveau nous doucher à l’eau chaude.

C’est une réelle émotion que de revenir à bord, chez nous. Et puis ce sentiment ressenti d’hypothétique liberté à venir lorsque nous nous remettrons à naviguer. Matéo ne semble avoir aucun souvenir du bateau, cela nous stupéfait : il a pourtant passé toute sa vie dessus moins les 6 mois à la Réunion !

Great Barrier Island (bis)

La remise à l’eau (toujours stressante) se passe sans aucun problème et nous attendons que la marée monte totalement avant de nous engager sur la rivière, direction la marina Town Bassin de Whangarei. Nous comptons y rester quelques jours afin de finir de préparer Ninamu et de faire l’avitaillement. Mais en fin de compte, nous y resterons bloquer plus de 10 jours en raison d’une météo calamiteuse : pluie, froid et coups de vent. Nous sommes un peu gênés car Léopoldo, un italien rencontré à Rarotonga, attend notre place au ponton avec impatience et nous avons aussi l’impression de faire le forcing à la marina… Pourtant le jour du départ, le gérant de la marina s’excuse pour le mauvais temps et Léopoldo nous remercie chaleureusement de partir !!! C’est le monde à l’envers : c’est nous qui devrions remercier tout le monde pour avoir pu rester amarrer plus longtemps que prévu.

Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)

Une heure avant le départ, nous nous rendons compte que l’une de nos bouteilles de gaz est vide. A peine Florent débarque t’il sur le ponton avec sa bonbonne sur le dos que notre voisin (que nous ne connaissons pas hormis « bonjour-bonsoir ») se propose de l’emmener au magasin en voiture afin de la recharger.

Bon, cette fois-ci on y va. Enfin, on aimerait bien mais impossible de faire démarrer le moteur ! La batterie de démarrage est à plat ! Tant pis, Florent utilise les batteries de servitude et ça fonctionne, ouf !

Il ne manque plus qu’à prier pour que le pont s’ouvre même s’il fait 26° (et oui, les ingénieurs ne peuvent garantir le bon fonctionnement du pont au-dessus de cette température !), faire la queue derrière 3 voiliers (tout le monde attendait l’accalmie pour naviguer), s’assurer que ce soit marée haute et pas l’heure de pointe de circulation automobile (durant laquelle le pont ne s’ouvre pas).

Great Barrier Island (bis)

Bon bref, tous ces critères étant réunis, nous parvenons enfin à nous extraire de Town Bassin et un sentiment de joie et de liberté nous envahit.

Nous allons mouiller en face du chantier nautique car Florent devra se charger le lendemain d’acheter une batterie de démarrage neuve. Ce n’est pas l’endroit le plus joli de Nouvelle Zélande mais ce soir-là, on le trouve magnifique. On se sent libres !

Nous appelons un très bon copain italien, Max, qui lui-même appelle d’autres copains afin de voir s’il pourrait trouver quelqu’un avec une voiture afin d’aller acheter la batterie. Très vite un réseau de solidarité et d’entraide se mets en place et le lendemain matin Florent est véhiculé pour aller acheter la batterie en ville. On se dit que c’est vraiment super que de pouvoir compter sur ses amis tout simplement quand on en a besoin et qu’on le leur demande.

Et on espère être à la hauteur de tant de gentillesse et de solidarité en rendant service nous aussi quand quelqu’un a besoin d’aide.

 

 

GREAT BARRIER ISLAND (BIS)

 

 

Great Barrier Island (bis)

Nous quittons Whangarei Heads pour Great Barrier Island hyper heureux d’enfin reprendre la mer. Nous effectuons les 45 miles de navigation au près car c’est le seul jour de la semaine où le vent daigne souffler un peu. Nous mouillons dans la baie de Kaiaarara, endroit paisible et calme où l’on entend le chant des oiseaux. Nous sommes surpris par la faible concentration de bateaux en cette période de Noel mais c’est tant mieux.

Great Barrier Island est l’île des superlatifs : belle, sauvage, préservée, contrastée ; c’est un endroit que l’on adore en Nouvelle Zélande. L’île ne compte que 885 habitants et l’on aimerait bien augmenter sa faible densité de population de 4 personnes si cela était possible.

L’on peut et l’on doit aussi bien apprécier cette île en bateau qu’à pied ou en voiture. Il y en a pour tous les goûts : immenses plages de sable blanc avec des dunes contre lesquelles s’échouent les rouleaux de l’océan pacifique, forêts, montagnes, lagunes… C’est magique.

Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)
Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)

GBI est une île écologique : les habitants sont équipés de panneaux solaires ou de générateurs qui leur fournissent l’électricité dont ils ont besoin. Ils récupèrent l’eau de pluie et comme partout en NZ, ils pratiquent un recyclage farouche de leurs ordures. A ce sujet, les néo-zélandais ont un système très ingénieux pour pousser les gens à recycler. Ici point de taxe d’ordures mais les « sacs poubelle » homologués dans lesquels l’on doit mettre ses déchets sont payants. Ils s’achètent au supermarché (environ 2 dollar le sac). Si vous mettez vos poubelles dans un sac non conforme, les éboueurs ne le prendront pas. Par contre, tout ce que vous recyclez est gratuit : verre, plastique ou papiers se laissent sur le bord de la route dans des caisses et sont ramassés gratuitement. Si l’on parle autant des poubelles, c’est que lorsque l’on voyage en bateau, c’est l’un des problèmes que l’on a à gérer régulièrement même si à présent, nous n’avons plus de couches qui puent le caca.

Bien sûr dans la rue, il y a des poubelles publiques partout mais pour que les petits malins évitent d’y abandonner leurs ordures ménagères, elles sont équipées d’un couvercle inamovible ; impossible d’y introduire de gros sacs.

On trouve ce système bien et efficace car vous payez en fonction de la quantité de vos ordures (par le biais de votre consommation de sacs) et vous êtes encouragés à recycler.

Great Barrier Island (bis)

Le beau temps semble s’établir alors nous en profitons pour nous balader. Nous sommes surpris par le nombre d’éboulis apparus depuis l’an passé ; l’île a subi de graves glissements de terrain dus à des pluies diluviennes survenues lors d’une tempête en juin 2014.

D’ailleurs le sentier qui mène à l’Old Kauri Dam et au sommet du mont Hobson depuis la baie de Kaiaarara (le Kaiaarara track) est fermé. Heureusement, il reste d’autres voies d’accès qui restent ouvertes.

Nous retrouvons nos copains du voilier Nomad au mouillage et c’est l’occasion de passer une bonne soirée tout en s’interrogeant, quarantenaires que nous sommes, sur la direction à donner à nos existences.

Après cette super escale, nous ancrons devant Port Fitzroy afin de nous débarrasser de nos poubelles et de faire des courses pour Noel. Puis nous levons vite l’ancre pour Smokehouse Bay car nous avons besoin de nous laver les cheveux ! Je m’explique : cette baie appartient à une famille qui a installé une cabane avec deux baignoires (eau chaude obtenue grâce à un poêle à bois), des bacs où l’on peut faire sa lessive et un fumoir à poisson dont l’utilisation est publique et gratuite. Il y a même des piles où l’on peut s’amarrer pour remplir de l’eau ou caréner à marée basse…

Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)
Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)

Nous partons à la pêche aux moules juste devant le mouillage, on en remplit des seaux entiers. Les enfants adorent ça ! L’on fait la rencontre de Nicolas, Sacha et de leurs deux garçons Arix et Khai ; une famille franco-sudafricaine installée en NZ depuis 3 ans. Ils sont tellement sympas que de ramassage de moules en apéro, on finit par passer le réveillon de Noel ensemble ! Nous passons une très bonne soirée à la bonne franquette. Ils devront subir ma désormais traditionnelle brique de Noel, caramel-chocolat pour le cru 2014, mais trop cuite pour cette tentative.

Cela peut paraitre curieux que de passer le réveillon de Noel avec des « inconnus » rencontrés quelques heures auparavant mais il en est ainsi lors de la ‘vie en bateau’. Les liens se nouent (et se dénouent parfois) rapidement. Mais je m’interroge quand même sur la complexité des relations sociales lorsque l’on vit à terre ; cela semble parfois si difficile de nouer de nouvelles amitiés... Ou peut-être, les gens n’ont-ils pas le temps ou la curiosité d’aller à la rencontre de nouvelles personnes ? Pourtant, lorsque l’on observe les enfants, l’on voit que ces liens se font si simplement et naturellement. En grandissant, on désapprend à parler aux autres, à communiquer, et c’est dommage.

Ceci dit, il ne faut pas se leurrer : ce n’est pas parce que nous appartenons à « la grande famille des marins » que nous avons forcément des affinités. Parfois nous sommes déçus par nos rencontres.

Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)

Le jour de Noel, les enfants surexcités découvrent leur trop nombreux cadeaux (merci les grands parents, merci les taties) disposés sous notre minable branche de Noel. Maya qui nous a surpris la veille en train d’empaqueter les jouets est dans le déni et veut toujours croire au père Noel. Nous sommes stupéfaits car malgré les nombreuses incohérences, elle s’émerveille des prodiges de celui-ci et de son efficacité en matière de livraison ! Bon, laissons la rêver…

Pour digérer de tous nos excès, nous allons nous balader sur un joli sentier qui mène à Oneura Bay de l’autre côté de l’île. Il faut de préférence s’y rendre à marée basse afin de profiter de la plage ou sinon on doit se contenter de rester sur les rochers en bordure de mer.

Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)

Le lendemain, nous ancrons à Kiwiriki Bay, joli mouillage en bord de mangrove. Il y a de plus en plus de bateaux, les vacanciers plaisanciers affluent d’Auckland mais dès l’aube, tout comme nous, ils se hâteront de déguerpir car à la tombée de la nuit nous avons dû affronter des hordes de moustiques voraces.

Nous empruntons la petite passe (étroite mais profonde) appelée Man of War Passage afin de nous rendre à Rangiahua Island. L’île pelée est jolie sous le soleil. Quelques dauphins nous rendent visite à l’arrière du bateau mais ce n’est qu’une escale et nous naviguons vers Tryphena Harbour le mouillage situé le plus au Sud de GBI. Ce coin ne nous attire pas particulièrement mais il semblerait (enfin c’est ce que nous croyions) que ce soit une « grande » ville où l’on pourrait faire des courses pour le réveillon de la St Sylvestre. Les photos de Tryphena de David Thatcher dans son guide de navigation « New zealand’s Hauraki Gulf » sont si moches, grises et déprimantes que nous ne pensions faire qu’une escale de quelques heures.

Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)
Great Barrier Island (bis)

Nous nous sommes souvent moqués de David Thatcher (dont les guides nautiques sont excellents) car ses photos sont souvent grises, à croire qu’il ne navigue que par temps de pluie ! Mais en ce qui concerne Tryphena, lorsque le soleil brille, cette grande baie est magnifique ! La couleur de l’eau prend des tonalités de lagon polynésien (mais pas la température quand même) qui nous rendent nostalgiques. Le front de mer est sublime avec ses jolies plages qui découvrent à marée basse, ses massifs rocheux calcaires et surtout ses imposants pohutukawa aux fleurs d’un rouge intense.

Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)
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Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)

Nous mouillons dans la baie de Puriri prenant soin de ne pas nous coller aux autres bateaux. Lorsque nous partons pour une longue journée, l’accès à terre n’est pas toujours aisé en raison des marées. Il y a plusieurs rampes pour la mise à l’eau des bateaux mais notre lourde annexe n’est pas toujours facile à tirer sur des dizaines de mètres.

Puriri Bay et Mulberry Grove ont notre préférence, c’est là que l’on trouve des épiceries assez bien achalandées et aussi des jeux pour enfants. Il est également possible d’effectuer sa lessive dans une laverie située juste à côté de l’épicerie de Mulberry Grove mais attention à la file d’attente en pleine saison estivale ! Le pauvre Florent y a passé 3 heures…

Shoal Bay où se trouve le quai des ferry a un peu moins d’intérêt hormis celui de pouvoir se débarrasser de ses poubelles dans les grands contenairs du quai.

Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)
Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)

Le samedi matin se tient un tout petit marché devant l’épicerie de Tryphena à Puriri Bay. Nous y revoyons Kaity la maraichère d’Okiwi Passion dont nous avions fait la connaissance l’an dernier. Quelle joie de la revoir d’autant plus qu’elle nous annonce que Gérald son compagnon vient de recevoir une greffe de rein après une longue attente qui le contraignait à 3 séances de 6 heures de dialyse par semaine ! Nous sommes sincèrement heureux pour lui et l’on croise les doigts pour que son greffon ne soit pas rejeté.

Quant à Kaity, elle est toujours aussi chaleureuse et ses légumes bio toujours aussi gouteux !

Dans la rubrique mauvaise nouvelle, nous venons de constater que notre dessalinisateur est en panne ce qui va sensiblement nous compliquer l’existence, du moins empiéter sur notre liberté de mouvements. Nous devons rationner notre consommation d’eau encore plus que d’habitude car ce n’est pas à GBI que nous pourrons trouver un spécialiste capable de nous le réparer. Il nous reste 200 litres d’eau douce et il faudra tenir au moins 4 jours avec pour la cuisine, la toilette, le rinçage final de la vaisselle…

L’on a connu la vie à bord avec et sans dessalinisateur et en ce qui me concerne, je ne pourrai plus m’en passer. Pouvoir produire notre eau (60 litres par heure et grâce aux panneaux solaires) est le gage de notre liberté. Plus besoin de modifier nos projets de navigation en fonction des lieux où nous pourrions remplir nos réservoirs.

Pour l’heure, il va falloir retourner à Auckland afin de faire venir à bord un technicien capable de diagnostiquer et de réparer la panne. On espère que la facture ne sera pas trop salée…

La météo nous sourit, il fait beau et nous n’avons plus d’excuses pour ne pas aller dans l’eau. Comme l’an passé, ce sera Matéo (le plus courageux des Gachod ) à s’y risquer le premier. L’eau avoisine les 22 degrés, on ne peut pas dire qu’elle soit glaciale mais pour nous, c’est rude.

Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)
Great Barrier Island (bis)

Régulièrement, les dauphins batifolent au mouillage et l’on suspecte même une baleine d’avoir arrosé notre jupe un soir ! Un souffle juste à l’arrière de Ninamu combiné à une grosse vague nous a convaincu de la présence du cétacé. GBI est connu pour la présence des baleines, nous en avions d’ailleurs observé l’an dernier. Ce qui est surprenant, c’est qu’elle se soit autant approché du voilier, une erreur de sonar peut être… En tous cas, une grosse surprise agrémentée de frayeur pour nous !

En nous rendant à l’épicerie de Mulberry Grove, nous espérions trouver quelques douceurs pour les fêtes ou du moins du saumon fumé, que nenni ! Après discussion avec le patron (d’origine hollandaise) celui-ci comprend nos exigences culinaires d’européens qui plus est d’européens français et nous propose de nous ramener du saumon d’Auckland le lendemain. Pour le taquiner, je lui demande où se trouve le foie gras et très sérieux, il me répond : « tu ne l’as pas vu dans le frigo derrière toi ?! ». Naïve comme une bleue, je me dirige avidement vers le frigo avant qu’un éclat de rire me fasse prendre conscience de la plaisanterie.

Le lendemain, l’épicier a tenu sa promesse : le saumon fumé pourra égayer nos papilles pour le réveillon. Il semble avoir eu un coup de chaud mais bon, on ne va pas faire les difficiles. Sa femme a eu une attention charmante pour nous, elle a dégoté au supermarché d’Auckland une boite de mousse de canard qu’elle nous revend au prix coutant. Plus que de foie canard, la mousse est plutôt constituée de graisse et de foie de porc et seule l’appellation « Duck mousse » semble nous rattacher à la gastronomie du Sud-Ouest. Florent fait une moue que l’épicier perspicace ou gourmet a vite fait de repérer. Il a compris que mon époux en bon toulousain qu’il est se sentait insulté par cet ersatz de foie gras. Mais que ma belle-mère me pardonne, j’ai fini par acheter la boite de conserve par respect et courtoisie envers cette dame hollandaise qui avait si gentiment pensé à nous…

Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)

Il est assez difficile de mouiller sur la côte Est de l’île car elle est exposée aux vents dominants. Nous projetons donc de nous y rendre en voiture afin de profiter de ses plages sauvages. A chaque fois, c’est toujours la même stupeur face au contraste entre les côtes Ouest et Est de l’île ; dès que nous passons le col de vastes panoramas spectaculaires s’ouvrent devant nos yeux ébahis. Nous longeons à pied les plages de Medlands et de Kaitoke enivrés par l’océan qui gronde. Matéo a peur des vagues : de se faire emporter mais aussi des hypothétiques requins. Merci le séjour à la Réunion !

Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)
Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)

Malgré ce que nous avions juré l’an dernier (ne plus jamais manger dans cet endroit de notre vie ) et notre écœurement passé, nous nous rabattons sur le Claris Texas Café (nom bien pompeux) pour notre déjeuner. Solution de facilité alliée à des brides d’amnésie gustative…

Alors, comment dire ? Une réelle amélioration a été apportée à la carte : ils ont enfin consenti à changer l’huile de friture des frites et celles-ci étaient moins cramées que l’année dernière ; tout cela sans sentir le graillon et le poisson ! Bravo !

Mais hélas malgré ce changement hautement positif, la viande de nos hamburgers était absolument dégueulasse : d’aspect, de « goût » et de consistance. Les steaks hachés devaient être constitués de 10 % de viande (on espère de bœuf…) et le reste de… déchets ? Je n’avais jamais vu auparavant des steaks d’aussi mauvaise qualité ! A ce tarif-là, mieux vaut rester végétarien !

L’on confirme donc notre appréciation négative sur cet endroit : à éviter !

Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)

Comme il nous a été impossible de louer une voiture en raison de la très haute saison touristique, nous nous essayons au stop. Malgré quelques galères à l’aller, nous sommes beaucoup plus chanceux pour rentrer à Tryphena : dès que nous levons le pouce, les voitures s’arrêtent.

Une petite halte à la plage sous un soleil radieux, tout le monde à l’eau et nous voilà de retour sur le bateau pour une soirée qui s’annonce aussi agréable que la journée.

Hum, c’était sans compter sur nos « chers » et bruyants voisins que nous qualifions successivement de petits cons, de jeunes cons, de stupides cons (et j’en passe) ; qui passablement éméchés hurlent et dansent sur de la musique dont le volume est au maximum. Nous nous empressons de lever l’ancre pour aller mouiller un demi kilomètre plus loin, rapidement imités par d’autres bateaux du mouillage.

Et oui c’est l’un des avantages de la vie sur un bateau : l’on peut s’éloigner des nuisances de ses voisins facilement.

En ce qui concerne les cons, nous aussi sommes certainement des vieux cons pour ces jeunes qui désirent s’amuser mais bon, il y a quand même un minimum de respect et de savoir vivre à avoir !

Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)

Nous passons un réveillon de la St Sylvestre tranquille en famille au mouillage ; même si celui-ci est beaucoup moins risqué que celui de l’an passé, les prévisions météorologiques annoncent un petit coup de vent pour la nuit avec inversion du vent à 180°. Nous sommes méfiants et le cœur n’est pas tout à fait à la fête car la baie de Tryphena est très ouverte.

Ceci dit, le petit grain de la nuit nous permettra de recueillir un gros seau de pluie qui nous servira, à Maya et à moi, de nous laver la tête.

Le dîner composé de saumon fumé trop gras, de blinis ratés, de « mousse de canard » infâme et d’un gâteau chocolat amande cramé est donc un peu raté. Le pinot noir néo-zélandais n’est pas à notre goût et même les belles pièces de bœuf au barbecue sont trop cuites. Mais bon, tout ceci n’est pas très grave.

Très tôt le lendemain, la houle de Sud-Ouest nous houspille et les bateaux fuient le mouillage les uns après les autres. Sans trop y avoir réfléchi et s’être préparés à naviguer, nous décidons sur un coup de tête de remonter vers la baie de Wangaparapara qui sera plus abritée.

En ce premier jour de l’an 2015, la navigation au travers est agréable et le soleil revient. Mais à l’intérieur du voilier, rien n’est calé et beaucoup de choses se cassent la gueule faisant dire à Matéo : « maman ! y’a un tremblement de terre dans le bateau ! ».

Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)
Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)

Nous avons bien fait de changer de mouillage car la baie de Whangaparapara est quand même mieux abritée et sous le soleil elle nous parait beaucoup moins tristounette que l’an dernier.

Le lendemain, nous nous rendons au pique-nique annuel de l’île, l’ambiance est conviviale mais le soleil qui tape dur nous écrase. Nous n’allons pas nous plaindre d’avoir enfin chaud mais le rayonnement solaire nous fait rôtir sur place. La Nouvelle Zélande est l’un des pays au monde les plus exposés aux radiations solaires. D’ailleurs, la tente des secouristes est équipée de grosses bonbonnes de crème solaire indice 50 pour prévenir le mélanome. C’est curieux car si la plupart des parents kiwis protègent très bien leurs enfants (lycra, crème, chapeau), certains semblent complètement inconscients du danger et laissent griller leurs bambins façon écrevisse.

Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)
Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)

Nous sommes « coincés » dans la baie de Whangaparapara en raison du vent et de la houle de Sud-Ouest. Bon, il y a pire pour attendre que Great Barrier Island, en plus nous sommes loin d’avoir fait le tour de l’île. Heureusement, il y a un quai où nous pouvons remplir nos réservoirs d’eau potable monnayant une petite obole. Car le dessalinisateur est toujours en panne et il faut que nous nous rendions à Auckland pour le faire réparer. Mais Auckland est justement située en pleine direction Sud-Ouest, à 40 miles et nous n’avons pas envie de les parcourir au moteur avec le vent dans le nez alors on attend que le vent souffle dans la bonne direction…Il ne faut pas être pressé lorsque l’on voyage en voilier.

Great Barrier Island (bis)
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Nous profitons de cette escale pour aller randonner. Avec les enfants, nous faisons une balade facile : un chemin plat mène en 30 minutes aux Kauri Falls où une jolie vasque permet de se baigner. J’en profite pour faire une boucle vers le mont Maungapiko (280 mètres) au sommet duquel la vue est dégagée à 360° ; mais de là, l’on n’aperçoit pas la baie de whangaparapara. Par contre au sommet, l’on peut se réapproprier le silence juste troublé épisodiquement par le chuintement du vent, le ramage des oiseaux ou le bruissement des insectes. Cela peut paraitre cucul la praline d’écrire cela mais entendre à nouveau tout simplement les bruits de la nature est pour moi, un ravissement.

Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)

Le lendemain, nous changeons de mouillage, direction Okupu Bay où nous ne sommes jamais allés. L’on espère pouvoir y capter un signal internet et aussi accéder à Claris plus facilement afin de faire des courses car c’est horrible : nous n’avons plus de bières.

Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)

Okupu Bay ou Blind Bay est une baie magnifique surplombée par des falaises calcaires appelées Te Ahumata. Trois jolies plages permettent la baignade, parfois en compagnie de dauphins espiègles. Lorsque l’on tente de les suivre en annexe et de les prendre en photos, ils font des bonds hors de l’eau puis passent sous le dinghy et changent de direction. Ils sont si taquins que ça en devient épuisant ! J’abandonne l’espoir de faire une photo de dauphin digne de ce nom un jour.

Great Barrier Island (bis)

De manière incompréhensible, peu de bateaux mouillent à Okupu Bay, il faut croire que ceux sont les plaisanciers qui sont aveugles et non la baie, pour ne pas en voir la beauté !

Le lendemain, Florent tente une « expédition » vers Claris car nous avons besoin de ravitaillement. Hélas, après une heure passée sur la route à attendre qu’une voiture daigne passer, il abandonne sa mission car il y a une bonne vingtaine de kilomètres aller-retour et il ne se voit pas les faire à pied.

Alors que nous sommes dans le cockpit, nous voyons un bateau à moteur foncer droit sur nous à vive allure (on espère qu’il nous ait vu) ; celui-ci ralentit sa vitesse à bonne distance avant de passer à côté de nous. Nous en profitons pour les saluer comme nous le faisons toujours même si tout le monde ne répond pas forcément (ce qui m’énerve invariablement).

Une minute plus tard, le même bateau fait demi-tour et deux pêcheurs tout souriants viennent à notre bord afin de nous proposer un beau snapper. Nous sommes fous de joie ! On ne sait pas comment les remercier, nous n’avons même plus une bière à leur offrir. Mais de toutes manières, ils ne veulent rien, ils nous disent qu’ils ont pêché plein de poissons et nous en proposent même un deuxième ! Un pur acte gratuit de générosité. Car ce n’est pas toujours parce que l’on a beaucoup que l’on partage forcément avec les autres.

Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)
Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)
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Les enfants sont à la fête, cela fait une éternité que nous n’avons pas mangé de poisson et on commence à saturer de la viande. Ce soir, poisson au four ! Manquera juste le sauvignon blanc bien frais… Alors l’après-midi, Florent décide de retenter une « expédition Claris » afin de se rendre à l’épicerie.

Cette journée du 5 janvier 2014 restera gravée dans nos mémoires pour un bon moment car en plus de la générosité de nos pêcheurs, nous assistons à un show spectaculaire de dauphins qui durera plus de 8 heures !

Vers 11H30, un groupe d’une cinquantaine de dauphins (Florent dit plutôt cent) rentre dans la baie d’Okupu et se mettent à batifoler et à sauter dans tous les sens. Trois d’entre eux sont particulièrement joueurs car ils sautent ensemble de manière synchronisée verticalement. On se croirait dans un de ces affreux delphinarium (prison pour dauphins qui sont des animaux sauvages je le rappelle si besoin). Ils parcourent la baie de long, en large et en travers ! Ils semblent courser les bateaux, les kayakeurs, les paddle-boarders et les nageurs ! Ils s’approchent à quelques mètres du rivage de la plage et semblent de toute évidence chercher le contact avec les humains. Tous les témoins sont stupéfaits, y compris les kiwis, qui me font des signes du genre « mais c’est incroyable ! Nous n’avons jamais vu ça !!!! ». Nous non plus à vrai dire.

Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)
Great Barrier Island (bis)
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Nous avons déjà croisé en navigation de grands bancs de dauphins joueurs mais jamais nous n’avons ressenti cette… proximité ? Florent (à la nage), Maya (en kayac) et moi (du bateau) faisons la même expérience : les dauphins nous regardent dans les yeux !

Pour le coup, Florent oublie les 18° de l’eau et saute dans la mer pour nager avec eux. Là, il n’a plus froid. C’est une expérience magique. On se relaie dans l’eau afin que l’un d’entre nous surveille Matéo resté à bord. A plusieurs reprises alors que je nage avec les dauphins (en palmant comme une tarée car ils sont hyper rapides), l’un d’entre eux ralentit sa course et nage à ma vitesse pour que nous restions ensemble en laissant filer les autres devant.

Mais le plus marquant est quand ils s’inclinent sur le flanc et nous regardent de leur regard perçant durant plusieurs secondes. Ils semblent nous sourire et s’amuser de nos tentatives pataudes (en tous cas les miennes) pour les suivre…

Ces grands dauphins gris (qui mesuraient dans les 3 mètres) nous ont ébahis. Ils s’agirait de tursiops truncatus, appelés ici bottlenose dolphin. C’est dans ces moments-là que l’on se sent vraiment reliés à la nature par un je ne sais quoi.

Ils ont poursuivi leur show jusqu’à la tombée du jour puis s’en sont allés comme ils étaient venus.

Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)

Quelques jours après nous avons appris qu’ils avaient réitéré leur spectacle dans la baie d’à côté le lendemain, et des personnes ont ressenti exactement la même choses que nous : les dauphins les regardaient dans les yeux.

Comme vous pouvez vous en douter, nous avons pris quelques 200 photos mais n’est pas photographe animalier qui veut et les seuls clichés un tant soit peu valables (du style deux dauphins qui sautent verticalement en même temps devant deux nageuses) ont été malencontreusement supprimés par une fausse manipulation alors que nous regardions nos photos en buvant du sauvignon…

Et oui, c’est que dans cette euphorie, Florent a décidé de retenter d’aller à Claris en autostop pour faire des courses. Il patiente une bonne demi-heure sur la route trop ensoleillée et finit par abandonner tout espoir quand il aperçoit la voiture du facteur. Celui-ci très sympathique l’embarque dans son véhicule mais il doit au préalable finir sa tournée ! Il expliquera à Florent que les dauphins viennent à la même période tous les ans dans la baie d’Okupu. Quelle chance nous avons eu de les rencontrer !

Le soir, nous passons une très agréable soirée grâce aux pêcheurs, grâce au facteur et bien sûr aux dauphins. Et nous trinquons à tout ce beau monde !

Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)

Le lendemain, j’abandonne l’équipage pour aller au sommet de Te Ahumata, ces belles falaises qui « culminent » à 398 mètres. C’est une très jolie randonnée que j’aurai pu faire en compagnie de Maya, dommage. Sur le parcours et au sommet, la vue à 360° est sublime. Il fait tellement beau que la visibilité porte très loin vers les Mercury Islands et les îles du Gulf d’Hauraki.

Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)
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De retour au bateau, un autre spectacle de la nature nous attend : une nuée d’oiseaux chasse dans la baie. Ce sont des fous et leur comportement est saisissant car assez inhabituel dans un mouillage.

Cette baie d’Okupu est vraiment incroyable !

Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)
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D'ailleurs encore quelques photos de la baie d'Okupu, on ne résiste pas mais cet endroit vaut vraiment le coup d'être visité si les conditions météo le permettent.

Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)
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Aujourd’hui, c’est le festival annuel de la moule à Great Barrier Island, comment rater un tel événement ?

Ce qui paraitrait être une blague potache draine en réalité une foule de bateaux ; et arrivés devant Port Fitzroy, il nous est tout simplement impossible de mouiller ! Une centaine de yachts occupent le moindre espace libre du mouillage dans la baie et celles d’à côté ! Nous sommes complétement frustrés et désappointés mais nous aurions dû anticiper en arrivant la veille.

Tant pis, c’est le seul jour où nous avons une bonne fenêtre météo pour rejoindre Auckland alors nous reprenons la mer. Nous parcourons les 40 miles assez rapidement avec un vent de Nord-Est qui souffle à 25 nœuds. Nous pêchons un petit King Fish de 50 centimètres qui nous régalera durant plusieurs repas.

Great Barrier Island (bis)Great Barrier Island (bis)

Les enfants (comme toujours) sont fous de joie d’aller à la marina où l’on peut prendre des douches chaudes avec de l’eau en abondance, faire de la trottinette et aller au parc de jeux pour enfants.

Côté parents, on a hâte de faire réparer notre dessalinisateur et de repartir naviguer.

Great Barrier Island (bis)
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14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 20:38
L’île du Nord en camping-car – Partie 3

L’arrivée sur Wanganui par la nationale 4 nous stupéfait car à l’entrée de la ville nous sommes accueillis par un panneau que nous n’avions jamais vu auparavant (et que nous ne reverrons jamais plus par la suite) ; un panneau vert réglementaire et rectangulaire où figure un sigle de campervan avec comme inscription « Wanganui Campervan Friendly ». Alors là, quel accueil ! C’est bien la première fois que nous voyons ça. Nous pourrons effectivement vérifier cette affirmation car dans cette ville la municipalité a à cœur d’accueillir les camping-cars. Il est notamment possible de camper en bord de rivière gratuitement sur un site très agréable.

L’île du Nord en camping-car – Partie 3

Nous n’avions pas prévu de nous arrêter à Wanganui mais un détour imposé par un pont ne supportant pas le poids de notre camping-car, nous fait longer la rivière et tomber sur un parc pour enfants fabuleux. Il est hors de question de ne pas s’arrêter. C’est un parc de jeux situé à kowkai en bord de rivière, équipé de barbecues, de jets d’eau pour asperger les marmots et surtout de plein de toboggans et de balançoires dont les thèmes sont les contes pour enfants. C’est un peu un jardin d’enfants à la Nikki de St Phalle. Maya et Matéo sont vraiment heureux et nous avons du mal à reprendre la route vers Taranaki.

L’île du Nord en camping-car – Partie 3L’île du Nord en camping-car – Partie 3L’île du Nord en camping-car – Partie 3
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Nous longeons la côte sud de l’île vers l’ouest par la nationale 3 puis au hasard de notre carte routière (on est de la vieille école et le GPS nous agace en nous indiquant des chemins farfelus), nous atterrissons à Waiinu Beach dans un camping du DOC à 5 NZD la nuit ! Le site situé sur la réserve de Nukumaru en bord d’océan est superbe. Pour ce prix modique, vous avez droit en prime à des barbecues, des jeux pour enfants, des sanitaires, de l’eau et une dumping station. L’endroit est désert mais lorsque je mets les 5 dollars dans la honesty box, j’entends au-dessus de ma tête venant de la fenêtre d’une maison alentour un « thank you ! ».

Cette belle escale sauvage réconcilie pour de bon Florent avec le voyage en camping-car. Car comme je l’ai déjà expliqué, il a horreur d’aller passer la nuit dans un camping bondé alors que nous voyageons à bord d’un véhicule autonome.

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Seule ombre au tableau, une tempête va arriver par l’Est dans les 24 heures avec des vents prévus à plus de 50 nœuds et des pluies torrentielles. Il s’agit du cyclone LUSI qui descend des Fidjis et va toucher toute la Nouvelle Zélande. Jusqu’à présent, nous avons eu une météo exceptionnelle donc nous n’allons pas nous plaindre mais l’on s’inquiète un peu pour Ninamu. Mervin et Shirley, nos anges gardiens, nous appellent pour nous prévenir car ils ne savent pas exactement où nous nous trouvons.

Mike, à la marina, s’occupe de notre voilier en vérifiant les amarres et ce qui serait susceptible de s’envoler. Merci encore à lui et à ses équipiers.

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Nous reprenons la route vers le mont Taranaki et New Plymouth par le Sud en longeant la mer de Tasman.

Le majestueux cône volcanique du mont Taranaki s’élève à plus de 2500 mètres, trônant au centre de l’Egmont National Park. Sa dernière éruption date de 350 ans mais il s’agit d’un volcan toujours actif et donc qui pourrait se réveiller.

Lorsque l’on arrive dans cette région, l’on se demande bien ce que faire ce pic volcanique seul dans la plaine. Ecoutez donc la légende…

 

Dans les temps anciens, le mont Taranaki vivait avec les autres montagnes au centre de l’île du Nord, côtoyant Ruapehu, Ngauruhoe et Tongariro. Taranaki tomba fou amoureux de la belle montagne Pihanga qui surplombait le lac Taupo. Mais il ne cessait de se battre avec Tongariro afin de conquérir le cœur de la belle. Après une bataille particulièrement violente dont Tongariro sortit victorieux, Taranaki fut banni vers l’ouest. Lors de son exil, les larmes qu’il versa pour son amour déchu formèrent la rivière Whanganui. A présent, l’on dit que si le sommet du mont Taranaki est si souvent caché par les nuages, c’est parce que celui-ci tient à dissimuler les larmes qu’il ne cesse de verser pour Pihanga. Et dorénavant, celles-ci s’écoulent en plus de 300 cours d’eau qui dévalent ses flancs…

 

Quelle jolie histoire d’amour. Et puis pour une fois que ce sont les hommes qui pleurent.

 

En redescendant des flancs du Taranaki, je suis tombée sur un cœur en pierre qui m’a émue. Je ne sais pas qui est ce James M. mais apparemment la légende en inspire plus d’un ou une.

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Nous passons la nuit au joli camping d’Oakura situé en bord de plage au sud de New Plymouth. Nous avons bien aimé l’ambiance et l’accueil. Le camping dispose de toutes les commodités.

Même si le cyclone Lusi s’est transformé en tempête tropicale, du mauvais temps et beaucoup de pluie sont toujours prévus donc mieux vaut être en ville. Le ciel est très gris et bizarre ; le vent se met à souffler de plus en plus fort.

Nous garons le campervan au Belt Road Holiday Park situé à seulement 1,5 kms du centre-ville de New Plymouth que l’on peut rejoindre par un sentier côtier agréable (le coastal walkway).

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Du camping, nous avons une jolie vue sur le port et les îlots alentour et lorsque la tempête va se déchainer, le spectacle sera impressionnant. Bien à l’abri à l’intérieur du camping-car, nous voyons des trombes d’eau tomber et une mer déchainée engendrant des vagues gigantesques qui submergent la digue. Nous sommes bien contents d’être à l’abri au chaud et pas à bord de Ninamu en train de naviguer ou même au mouillage. Il y a au bas mot 45 nœuds de vent qui font trembler le camping-car.

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Nous avons deux jours à flâner en attendant que la tempête s’éloigne en s’essoufflant. Nous nous promenons et admirons la curieuse sculpture du front de mer qui ondule avec le vent. Nous allons au parc aquatique, aux jeux pour enfants (où Florent s’essaye au toboggan) et concluons notre matinée en décidant d’aller déjeuner au restaurant l’Arborio recommandé par le Lonely Planet. Mais arrivés au restaurant, Florent se rend compte qu’il a égaré son portefeuille, il est quasiment sûre qu’il l’a perdu en faisant du toboggan, il décide donc d’y retourner afin de voir si, par miracle, il pourrait le retrouver.

Le miracle se produit puisqu’un homme s’avance vers lui (ayant reconnu Florent sur la photo de sa pièce d’identité) et le lui tend. Quel soulagement ! Il ne manque rien à l’intérieur et les 300 dollars en liquide que nous venions de retirer sont toujours là.

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Florent s’empresse de revenir nous rejoindre au restaurant pour fêter ça. En sortant ce celui-ci, un peu pompette (il faut bien l’avouer), nous éclatons de rire car nous nous rendons compte que nous n’avons pas déjeuner à l’Arborio mais au Salt ! Quelle bande de quiches ! Ceci dit même si nous n’avons pas pu vérifier la bonne appréciation du Lonely Planet, nous avons bien mangé dans le restaurant concurrent.

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L’Egmont National Park qui englobe le mont Taranaki offre de nombreuses possibilités de randonnées jalonnées de refuges. Le summum consistant à faire l’ascension du volcan lui-même. C’est avec surprise que nous apprenons que le mont Taranaki est la plus dangereuse montagne de Nouvelle Zélande. Pourtant elle ne s’élève qu’à 2518 mètres mais des conditions climatiques particulières rendent son ascension dangereuse : la météo changeant très rapidement.

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Nous campons au niveau du parking du North Egmont/Waiwhakaiho à 946 mètres d’altitude où aucun panneau ne vient nous en dissuader pour une fois. Nous sommes seuls face au majestueux Taranaki trônant au milieu des plaines alentours. Je brûle d’envie de gravir son sommet mais je relègue mon égoïsme ascensionnel derrière moi afin de rester en famille. Le temps se couvre et se découvre laissant apercevoir la beauté du paysage en alternance.

Nous faisons tout de même quelques randonnées sur les flancs du volcan afin de ne pas repartir frustrés.

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Le lendemain, le temps étant pourri, nous décidons de partir vers les Waitomo caves via la highway 3 dont le cheminement est bien joli.

Que dire des Waitomo caves si ce n’est que nous en avons d’aussi jolies en France mais sans les vers luisants ?

D’emblée nous sommes rebutés par l’accueil au guichet : la caissière est désagréable, directive et ne nous adresse pas un sourire. On a l’impression de la faire chier. On voit que c’est la grosse machinerie touristique et très ‘bisness’ mais elle pourrait faire un effort pour être un plus aimable. J’arrive à peu près à négocier l’heure de visite des caves qui conviendrait le mieux avec notre agenda de parents soumis aux contraintes des siestes et des repas mais j’ai l’impression de demander une faveur alors que l’on paye cher nos billets d’entrée !

Nous débutons notre visite par l’Aranui cave qui est une belle cave majestueuse comprenant beaucoup de stalactites mais peu de stalagmites. Notre guide maorie est super et cela atténue un peu la mauvaise impression que nous avons eu au bureau de vente des tickets. La visite dure environ une heure.

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Nous enchaînons avec la Glowworm cave et ses milliers de verts luisants. Le point d’orgue de la visite, qui dure 45 minutes, est assurément la petite balade en barque dans la pénombre sous des myriades de vers luisants qui brillent comme des constellations au plafond. Là encore, nous avons la chance d’avoir une guide très intéressante et lorsqu’elle demandera à quelqu’un de chanter dans Cathedral cave, qui d’une hauteur de 15 mètres a une acoustique parfaite, nous serons tous émus par la petite voix de Maya qui entonnera en tahitien la chanson Te vai nui te anavai de Sabrina.

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Le lendemain, Maya et moi poursuivons l’exploration des caves avec la visite de Ruakuri cave qui dure environ 2 heures. Un parcours souterrain de 1,6 km durant lequel il fait bien frisquet mais c’est la cave la plus majestueuse. S’il ne fallait en faire qu’une seule, je choisirai celle-là. Notre guide-spéléologue est passionné et passionnant. Le parcours se fait essentiellement dans la pénombre avec les vers luisants qui scintillent, c’est magnifique.

Ceci dit , je pense que le top est d’explorer les caves en rafting ; plusieurs circuits spéléologiques sont proposés mais réservés aux personnes de plus de 12, voire 16 ans. J’ai un peu regretté de ne pas avoir opté pour ce mode d’exploration là.

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Par commodité, nous passons la nuit au Holiday Park situé à proximité des caves et qui représente tout ce que nous n’aimons pas. Florent est furax de dépenser 70 NZD pour ça et il n’a pas tort.

Il est peut-être bon de savoir que ce n’est pas la seule solution d’hébergement à proximité des caves et qu’il existe un autre camping au niveau de l’embranchement de la route 37.

 

Il est temps pour nous de remonter doucement vers Auckland. Nous roulons vers le Nord à la recherche d’un endroit sauvage où passer la nuit. Nous dépassons Huntly et prenons la tahuna road. A un moment, croyant que Florent fait de l’humour, j’éclate de rire lorsqu’il me demande : « on n’a pas déjà vu cet arbre-là ? ». Mon rire va s’estomper rapidement en prenant conscience que nous sommes repartis dans les galères de notre première nuit en campervan, à savoir tourner en rond autour du lac Waikare ! Le lac est toujours aussi beau et toujours aussi mauve, surplombé par ses collines toujours aussi jaunes mais nous rebroussons vite chemin avec toujours aussi pas de photo de cet endroit féerique ! Car nous sommes toujours aussi fatigués et énervés pour avoir envie de faire la pause photo.

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On finit par atterrir au Hunua Ranges Regional Park au sud-est d’Auckland près d’un barrage d’eau. Ce n’est pas à proprement parler le plus beau coin où nous ayons campé mais il a l’avantage d’être dans la nature et nous sommes seuls. Nous passons outre le panneau d’interdiction de camper.

Le lendemain, le retour vers l’urbanisation d’Auckland nous fait bizarre. Comme il nous reste une nuit de location de camping-car, nous allons explorer la côte ouest d’Auckland, Piha puis Karekare. Nous passons la nuit au sein du Waitakere Ranges Regional Park sur le parking à la fin de la log race road. Un beau point de vue et départ de plusieurs sentiers.

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Notre dernière journée est un peu galère avec le retour du camping-car à l’aéroport puis le retour vers Whangapararoa. Mais bon, nous sommes bien contents de retrouver Ninamu qui a été bichonné par Mike, nos voisins de ponton et le staff de la marina durant la tempête.

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Nous décidons de faire une courte escale à la marina Bayswater située en face d’Auckland afin de visiter la ville qui est accessible en seulement 10 minutes de ferry depuis la marina.

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Auckland nous laisse une impression mitigée avec ses très hauts buildings modernes et son front de mer pas vraiment dégagé comme on pourrait l’attendre d’une ville portuaire. C’est comme si elle avait poussé trop vite et en trop moderne. Pas de charme. Nous n’échappons pas à la visite de l’emblématique Skytower d’où la vue à 360° est superbe.

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Après cette escale citadine, nous reprenons la mer direction Rangitoto qui est le plus grand et le plus jeune cône volcanique situé en face d’Auckland. Il a jailli de la mer il y a près de 600 ans juste à côté de Motutapu dont les habitants ont dû avoir une belle frayeur car nous savons que l’île était fortement habitée à l’époque.

Rangitoto offre de belles possibilités de randonnées faciles sur les flancs d’un volcan : le dénivelé est modéré et les sentiers bien entretenus. La vue du sommet découvre le panorama à 360° sur toutes les îles du golfe d’Hauraki et Auckland.

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En revenant de balade, Florent m’attend avec la mine décomposée et mon angoisse monte à mesure qu’il tarde à m’expliquer ce qui le tracasse. Je me calme en me disant que mes enfants vont bien et que pour moi, là est bien l’essentiel. En fait, il ne sait pas comment m’annoncer qu’en cherchant quelque chose sous les planchers, il s’est rendu compte qu’une partie des contre moules autour de la quille s’étaient fissurés suite à notre talonnage à Parengarenga Harbour. C’est clair que c’est une mauvaise nouvelle qui nous plombe le moral et change nos projets de navigation mais les dégâts ne sont pas si catastrophiques que cela. Il faut à présent retourner à Whangarei afin de sortir le bateau de l’eau et entreprendre les travaux avec l’aide d’un professionnel.

En route vers Kawau, nous pêchons de beaux king fish qui nous mettent du baume au cœur. Il faut croire que tous les animaux s’y mettent pour nous réconforter puisque nous apercevons enfin les wallabies à Kawau où nous faisons escale pour la nuit et un groupe de dauphins n’arrêtent pas de s’amuser autour de la coque de Ninamu au mouillage ; à croire qu’ils voudraient nous prévenir que quelque chose cloche !

La navigation vers Whangarei Heads se fait en compagnie d’un banc de dauphins mais le cœur n’est pas à la fête.

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Nous sortons le bateau à Norsand afin de réparer les contre-moules de Ninamu. Nous prenons contact avec le responsable du chantier, Peter, qui est spécialisé dans les travaux de résine.

Avec un ouvrier du chantier, Florent bosse comme un fou sur le bateau, il tient absolument à superviser les travaux et il a bien raison.

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Entretemps, je m’occupe des enfants, une vie de desesperate housewife dans la banlieue de Whangarei à Kensington où nous avons dû louer une maison le temps des travaux.

Avec tout ça, le mois de mai arrive vite. Nous avons prévu de nous envoler pour l’île de la Réunion afin d’y revoir des amis qui nous sont chers et de travailler. Nous passerons l’hiver austral là-bas et prévoyons de revenir début décembre en Nouvelle Zélande pour une nouvelle saison nautique.

Pendant notre absence, Ninamu restera au sec dans le chantier nautique Norsand à Whangarei.

 

 

   Ça passe ou ça ne passe pas ?
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Ça passe ou ça ne passe pas ?

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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 21:36
L’île du Nord en camping-car – Partie 2

Après avoir visité la région de Rotorua et ses fabuleux parcs géothermiques, nous roulons vers le Tongariro National Park classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

En chemin, nous faisons une halte aux Huka Falls : ces chutes d’eau de 10 mètres de hauteur marquent l’endroit où le Waikato (le plus long fleuve de Nouvelle Zélande) coule à travers une gorge étroite avant de se précipiter dans un bassin naturel avec un débit vertigineux.

L’endroit est assez touristique et nous faisons partie de la horde de touristes en short armés de leur appareils photo qui mitraillent le débit impressionnant d’eau.

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Un peu plus loin en amont, en bord de rivière, se trouve une aire de camping gratuite située en contrebas de la route. Il n’y a aucun service (toilettes, barbecue…) mais l’endroit est charmant. Florent et les enfants sont assez courageux pour prendre un bain de rivière glacé.

Comme il y a beaucoup de monde et qu’il n’est pas tard, nous décidons de poursuivre notre route à la recherche d’un endroit un peu moins fréquenté pour passer la nuit. Pour une fois, ce sera une très bonne initiative car nous aurons la chance de tomber sur un coin paumé et paradisiaque au bord du lac Taupo et où le camping sauvage est autorisé.

L’arrivée sur la ville de Taupo est spectaculaire : un beau point de vue est aménagé, d’où l’on peut apercevoir la ville et le lac en contrebas surplombés par les sommets du Tongariro National Park au loin.

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Un peu naïfs, nous espérions camper à Acacia Bay mais nous sommes vite dissuadés par le panneau habituel.

Nous tentons alors notre chance un peu plus loin grâce à un entrefilet lu dans le Lonely Planet, qui signale des sources d’eau chaude à Whakaipo Bay à 12 kms de la ville. La route pour accéder à la baie est poussiéreuse et non bitumée mais l’endroit est magique ! Nous sommes seuls, au bord du lac, dont l’eau n’est plus glacée mais agréable grâce à la présence de sources thermales en dessous de la surface. L’aire de camping s’étend sur plus d’un kilomètre.

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Au bout de la route à droite se trouve un départ de sentier (pédestre ou VTT) qui rejoint Kinloch. Les points de vue sur le lac lors de cette randonnée sont exceptionnels. En plus la météo y mets du sien car il fait très beau ; nous nous sentons réellement chanceux et heureux.

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Le lac Taupo est le plus grand de Nouvelle Zélande avec ses 606 km² de superficie. La ville de Taupo en elle-même est agréable avec ses nombreux restaurants et sa balade en bord de lac. Afin de favoriser le tourisme, le parking en centre-ville est gratuit pendant deux heures mais attention à ne pas dépasser cette limite ou vous vous retrouverez avec une prune comme nous !

Entre flâner dans la ville, regarder les magasins, faire un petit tour de train et déjeuner au restaurant, nous n’avions pas vu l’heure passer…

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En allant aux toilettes du restaurant, j’ai été interpellée par une affiche pour la sécurité routière affichée juste en face de la cuvette. Elle propose ‘un dernier verre pour la route’ qui n’est autre qu’une poche de transfusion sanguine. Percutant. Tout comme cette autre publicité pour la prévention routière vue dans un magazine. Apparemment, les néo-zélandais sont moins frileux que nous en ce qui concerne les messages choc qui pourraient enfin faire prendre conscience des dangers de la route.

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A Taupo, il y a une aire de camping gratuite en plein centre-ville au bord du lac mais les places sont vite prises d’assaut. De toutes manières, l’endroit nous semble trop citadin et bruyant alors nous décidons de prendre la route vers Turangi.

Mais juste à la sortie de la ville, nous tombons sur Five Mile Bay une aire de camping sauvage en bordure du lac. Comme il n’y a aucune infrastructure, l’autorisation d’y camper est limitée aux véhicules self contained.

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Le spot est superbe : la vue est sublime sur les pics du Tongariro National Park et le vent, en agitant le lac, produit un bruit de vagues comme si on était au bord de la mer.

Si nous avons loué un camping-car alors que nous voyageons en voilier, c’est bien pour se retrouver dans des endroits comme celui-ci.

Des petits sentiers sont aménagés en bordure du lac pour se promener ou faire son jogging. A l’issue de l’un d’eux, j’aurai même le courage de plonger dans l’eau claire mais glacée sous le regard étonné de Florent et de nos rares voisins de camping.

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Le lendemain, nous reprenons la route direction le parc national du Tongariro qui est une zone volcanique comprenant 3 hauts volcans en activité : le Ruapehu (2797m), le Ngauruhoe (2291m) et le Tongariro (1967m).

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La route de Taupo à Whakapapa via Turangi est magnifique ; elle offre de très beaux points de vue sur les volcans. Nous faisons une courte escale à l’i-site de Turangi où je m’empresse de réserver une nuit en refuge dans le Tongariro National Park. J’ai de la chance de trouver une place en m’y prenant seulement quelques jours à l’avance mais je voulais m’assurer que la météo soit bonne avant de réserver.

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Pour la nuit, nous nous arrêtons au camping du DOC de Mangahuia ; il est situé en pleine nature, n’est pas cher (6 NZD/adulte et 3 pour les enfants de plus de 5 ans) et c’est paisible. Il n’est pas nécessaire d’avoir un véhicule self contained et l’on peut camper sous tente. C’est vraiment un très beau site en bord de rivière où l’on peut se baigner si l’on n’est pas frileux. A notre arrivée, le camping était désert mais il aura vite fait de se remplir avec l’arrivée de la nuit et d’un orage.

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Depuis le camping part un sentier de randonnée qui mène à Whakapapa en 5 heures et que nous ferons partiellement. La vue sur le mont Ruapehu encore enneigé est superbe.

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Le village de Whakapapa est situé à 1135 mètres d’altitude ; la seule solution pour camper est d’aller au Holiday Park où il est impératif de réserver en haute saison. Le camping est agréablement situé dans la nature en bord de rivière et les emplacements pour les campervans sont séparés par des haies, ce qui fournit un semblant d’intimité. Les prix sont de 20 NZD/adulte et 10 pour les enfants de plus de deux ans.

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Nous décidons de nous promener vers le domaine skiable de Whakapapa. Un télésiège (30 NZD/adulte et 17/ enfant) permet de gagner 400 mètres de dénivelé en peu de temps et d’effort mais l’on peut aussi monter gratuitement par un sentier. A l’arrivée du télésiège, une petite randonnée de 200 mètres de dénivelé positif mène à une crête sur les flancs du mont Ruapehu d’où la vue est sublime.

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Arrivés sur la crête, ne pas manquer de bifurquer vers la gauche afin d’avoir une vue plongeante sur les 3 pitons rocheux ayant servis de décor au Seigneur des Anneaux. Vertigineux et grandiose !

Au loin s’élèvent majestueux les volcans Tongariro et Ngauruhoe.

En cas de temps dégagé, cette randonnée est vraiment à faire car peu physique, elle offre pourtant des points de vue spectaculaires sur le Tongariro National Park.

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En redescendant, les enfants découvrent grâce à quelques névés, la neige pour la première fois de leur vie et s’amusent comme des fous.

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Le Tongariro Alpine Crossing :

 

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Cette randonnée de 19,4 kms est considérée comme une great walk, c’est-à-dire comme l’une des plus belles randonnées de Nouvelle Zélande faisable en une journée. Le sens classique pour l’entreprendre est de partir de Mangatepopo et d’arriver à Ketetahi. Pour ma part, je prévois de bifurquer aux Emerald Lakes et de dormir au refuge de Oturere avant de rejoindre Whakapapa le lendemain.

Comme nous avons une météo exceptionnelle, je négocie avec Florent le droit d’aller faire cette randonnée de deux jours dans le Tongariro National Park pendant qu’il s’occupera de nos enfants. Mon mari est non seulement conciliant mais en plus aux petits soins pour moi ; il vérifie un paquet de fois que je n’ai rien oublié dans mon sac. J’ai vraiment un mari en or !

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Des services de navettes partent de Whakapapa et déposent les trekkeurs à Mangatepopo (35 NZD/AR ou 20 NZD/AS). Le chauffeur du bus a beaucoup d’humour car lorsque je lui demande si c’est bien le bus qui conduit au Tongariro, il me répond que non, c’est celui qui va à New Plymouth ! Je reste interdite pendant quelques secondes avant de comprendre qu’il se paie ma tête.

Arrivée à Mangatepopo, je ne manque pas de prendre ma revanche en lui demandant d’une manière ingénue si c’est bien le mont Taranaki que nous observons là devant nous… Vu sa tête incrédule, je comprends que j’ai marqué un point.

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Comme l’on pouvait s’y attendre, il y a énormément de randonneurs : le soleil est radieux et c’est la haute saison touristique. Par contre, je suis surprise de voir des gens très âgés ne semblant pas en très bonne condition physique et des personnes carrément obèses… Ceci dit, j’ai énormément d’admiration pour eux ; beaucoup plus que pour les sportifs aguerris qui survolent le sentier d’une foulée alerte.

Je n’ai vu personne s’écrouler ou s’effondrer sur le sentier, certains avanceront petits pas à petits pas mais avanceront, allant au bout d’eux même et cela force l’admiration.

La beauté du parcours est telle que l’on en oublie la densité de population. Et même si l’on se suit à la queue leu leu ; intimement, l’on demeure émerveillés par les cratères, les fumeroles de souffre et les lacs aux couleurs intenses.

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L’ascension du mont Tongariro offre une vue à 360° sur les lacs, le Ruapehu, le Ngauruhoe et même le mont Taranaki banni là-bas tout à l’ouest selon la légende maorie…

C’est absolument magnifique et cela vaut le petit détour en chemin.

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La descente du Red Crater s’avère quelque peu casse-gueule car elle se fait sur un terrain constitué de sable et de cailloux lisses. Arrêt obligatoire en contrebas pour vider ses chaussures !

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L’île du Nord en camping-car – Partie 2

L’on a beau être préparé, la beauté des lacs émeraudes vous estomaque. Le contraste des couleurs est si violent que l’on a l’impression de porter des verres polarisants.

L’île du Nord en camping-car – Partie 2L’île du Nord en camping-car – Partie 2

Normalement, je devrai bifurquer à cet endroit afin de rejoindre mon refuge dans la vallée d’Oturere pour la nuit mais je ne résiste pas à l’envie de poursuivre l’ascension vers le Blue lake. Celui-ci est plutôt gris en raison des nuages qui ont fini par apparaitre mais il est très beau quand même.

L’île du Nord en camping-car – Partie 2L’île du Nord en camping-car – Partie 2

Puis je rebrousse chemin afin de me diriger vers Oturere Hut. Depuis les Emerald Lakes, le sentier descend sur un terrain volcanique de scories un peu instable et la fatigue accumulée me fait trébucher plusieurs fois. Mais les fumerolles de souffre qui s’échappent des cratères alentour rendent l’instant féerique (malgré l’odeur).

L’île du Nord en camping-car – Partie 2

Le refuge de Oturere est situé sur un site grandiose au milieu de nulle part. Une cascade et les vasques d’une rivière situées à 800 mètres en contrebas permettent de se laver. Mais attention le sentier qui y mène est un peu acrobatique.

Le refuge est bondé et ne vous imaginez pas resquiller ou arriver à l’improviste car un ranger est là pour vérifier votre ticket.

L’île du Nord en camping-car – Partie 2

L’ambiance entre trekkeurs est très bonne mais j’ai un petit coup de blues : ma famille me manque et j’éprouve un peu d’amertume à ne pas partager toute cette beauté avec eux. Maya aurait probablement pu m’accompagner mais Matéo est encore trop petit pour marcher autant et trop lourd pour être porté (de toutes manières, il n’a jamais voulu contenir dans le sac à dos de portage).

Je laisse un mot tendre à l’attention de Florent dans le livre d’or du refuge et m’endort « bercée » par les ronflements.

L’île du Nord en camping-car – Partie 2

Le lendemain, j’ai prévu d’emprunter les sentiers du Tongariro Northern Circuit et du Round de Mountain, en bifurquant au niveau de Waihohonu Hut afin de rejoindre Whakapapa.

De Oturere à Waihohonu, les paysages sont essentiellement lunaires et volcaniques puis il y a un joli passage en forêt.

Optimiste, j’avais prévu de faire un détour vers les lacs Upper et Lower Tama mais je suis si fatiguée que je commence à me dire que je ne vais faire que le Lower… Un sursaut d’énergie me fera tout compte fait grimper jusqu’en haut où je recevrai enfin un sms de Florent m’annonçant que les Gachod venaient d’arriver aux Taranaki Falls. Malgré la splendeur du paysage, je regrette d’avoir rallongé mon parcours car ma famille me manque ! Si j’avais pu avoir des nouvelles de Florent plus tôt, j’aurai certainement « zappé » ces lacs.

L’île du Nord en camping-car – Partie 2L’île du Nord en camping-car – Partie 2

J’ai un point de côté à droite, une pubalgie à gauche, mon sac à dos me cisaille les épaules mais je me mets à courir sur le sentier comme un canard boiteux tout en rigolant car ma famille me manque et que j’ai hâte de les rejoindre. Je suis pourtant épuisée et j’en ai les larmes aux yeux mais je veux en finir.

Arrivée à la cascade de Taranaki Falls (une merveille soit dit en passant), je ne vois pas ma famille. Je croise un groupe de touristes français et leur demande presque affolée s’ils n’auraient pas vu Florent et les enfants. Devant leur réponse négative, je remonte sur le chemin principal et interroge toutes les personnes que je rencontre. Il y aurait-il une autre cascade ? Une dame finit par me dire qu’elle a aperçu un homme avec deux jeunes enfants sous le pont. Je m’y précipite et je peux enfin couvrir de bisous tout le monde. Mais apparemment, ils sont moins émus que moi par nos retrouvailles. Cela doit être la fatigue qui me mets dans un tel état émotionnel…

L’île du Nord en camping-car – Partie 2

J’ai un mal fou à parcourir les 3 derniers kilomètres pour rejoindre Whakapapa village (je n’aurai pas du courir après avoir reçu le sms de Florent). Mon sac est lourd, mon ventre me fait mal et je n’ai plus le mental. C’est simple, j’avance péniblement à l’allure de Matéo ! Florent me propose bien de porter mon sac mais il en est hors de question : c’est que j’ai ma fierté.

Malgré tout, cette randonnée est une des plus belles choses que j’ai eu à voir dans ma vie.

Après une bonne douche et une bière bien méritées, nous reprenons la route vers Ohakune où nous camperons dans un camping du DOC situé en pleine nature. Le camping de Mangawhero est équipé de WC et d’eau potable. Le prix modique de 6 NZD/adulte est payable à l’i-site de Ohakune.

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Pour la suite de notre voyage en campervan, nous avons prévu de nous diriger vers Whanganui puis New Plymouth. Wellington nous semble trop loin à l’extrémité Sud de l’île et l’on se dit que l’on aura probablement une autre occasion de la visiter.

 

 

 

L’île du Nord en camping-car – Partie 2
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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 22:43
L’île du Nord en camping-car – Partie 1

 

Quelques détails pratiques sur la marina de Gulf Harbour :

 

La marina de Gulf Harbour est située dans la péninsule de Whangapararoa au Nord d’Auckland. Il est possible de rejoindre cette ville en 45 minutes de voiture ou en 50 minutes de ferry, dont le départ se situe au sein de la marina elle-même. Gulf Harbour marina est également pourvue d’un chantier nautique avec un travellift.

Nous avons trouvé les tarifs très abordables puisque nous avons payé en GST free 30 NZD par jour. La marina est moderne, jolie et leurs services sont excellents comme nous avons pu le constater lors du passage d’une dépression (ils ont assuré au niveau de la sécurité de Ninamu et nous ont envoyé des mails régulièrement afin de nous informer de la situation).

C’est une grande marina qui comporte plus de 1000 appontements et à chacun de nos séjours, il nous a été facile de trouver une place pour Ninamu alors que les marinas d’Auckland affichaient complet.

Un service de bus assure une liaison jusqu’à la petite ville de Whangapararoa où l’on trouve le Pacific Plazza, centre commercial comportant un supermarché et une multitude de services. Mais il faut bien faire attention aux horaires car le bus ne passe que toutes les heures, voire deux heures le weekend.

Une petite épicerie de dépannage se trouve également à 15 minutes à pied de la marina mais il n’y a pas grand-chose.

 

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Notre voyage en camping-car :

 

Tout cela est donc bien pratique mais lors de la réservation de notre camping-car, nous ne savions pas qu’il n’y avait pas de ferry le samedi matin… Nous nous retrouvons donc coincés. Il existe bien des bus desservant Auckland depuis Whangapararoa mais ils mettent 2H30 rien que pour atteindre la ville ; puis il nous aurait fallu en prendre un autre pour aller au dépôt des campervans près de l’aéroport.

Nous avons alors l’idée (un peu saugrenue) de mettre une affiche à la marina afin de demander si quelqu’un ne se rendrait pas à Auckland le samedi matin et s’il pouvait éventuellement nous y emmener. En échange, nous proposons de participer aux frais d’essence et nous nous engageons à inviter notre samaritain à bord pour un bon dîner.

Très vite, Mike, un skipper français travaillant sur un super-yacht, nous propose de nous y déposer. Il se rend tous les samedis matin à la Cigale qui est le marché français d’Auckland. Nous l’invitons à bord en compagnie de son équipage, Jimmy et Cédric deux jeunes équipiers français, pour dîner. Nous passons une agréable soirée en leur compagnie. Apparemment, ils ont la chance d’être sur un beau bateau dont les propriétaires fortunés sont sympas, ce qui est loin d’être toujours le cas selon les témoignages…

Le lendemain, nous faisons escale à La Cigale avant de nous rendre à l’aéroport. Pour les nostalgiques de la baguette, du fromage français et du bordeaux c’est un vrai bonheur !

Une fois arrivés au dépôt des campervans, c’est long : nous sommes en haute saison et il y a beaucoup de monde. On finit par obtenir notre camping-car mais il nous faudra deux bonnes heures pour retourner à la marina car l’on se perd dans les faubourgs d’Auckland !

Une fois arrivés à la marina, il s’agit de charger le camping-car puis de reprendre la route direction le Sud. On est crevés, d’autant plus que Matéo avait fait la java la nuit précédente. J’envisage même de dormir à bord du bateau et de prendre la route le lendemain mais Florent s’y oppose formellement.

C’est un vrai bordel à bord du véhicule, nous avons entassé à la hâte sacs, ustensiles de cuisine (il y en a dans le campervan mais on ne peut pas vivre sans notre tajine…), jouets des enfants, enfants en question, etc… Ces derniers sont d’ailleurs étrangement agréables malgré ce qu’on leur fait subir : ils sont fatigués et n’ont pas mangé à midi (oui : notre réputation de parents indignes, qui n’était plus à faire, se confirme).

L’île du Nord en camping-car – Partie 1

Nous prenons l’autoroute vers le Sud direction Matamata où se trouve Hobbiton, le village des hobbits où a été tourné la trilogie « Le seigneur des anneaux ». Le lieu a été transformé en attraction touristique que l’on peut visiter.

Mais comme il se fait tard, notre première escale se fera à Rangiriri sur une aire de repos au bord de la route. Nous roulons une heure de trop à la recherche d’un coin idéal où poser le campervan, l’ambiance à bord commence à devenir électrique et conflictuelle. Nous faisons le tour du lac Waikare qui est absolument magnifique : au coucher du soleil, il prend une teinte mauve qui contraste violemment avec les collines jaunes alentours. C’est féérique mais nous sommes tellement fatigués que nous n’avons même plus le courage de sortir l’appareil photo ! D’ailleurs où se trouve-t ’il dans tout ce bordel !?

Nous sommes crevés, tout est en désordre, nous ne sommes pas douchés, c’est exigu…Je dois avouer que j’ai un gros coup de blues et que je regrette le confort de Ninamu. Pour couronner le tout durant cette première nuit l’on gèle malgré les couettes.

Le lendemain, requinqués, l’on s’attaque au rangement et une fois le campervan en ordre, nous reprenons la route vers Matamata avec le moral qui est revenu au beau fixe.

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L’ambiance « Hobbit » commence à l’office du tourisme de Matamata qui n’est rien d’autre qu’une maison de Hobbit ! C’est de là que des bus emmènent les clients vers Hobbiton. On a bien aimé ce parc d’attraction même si c’est de la grosse machinerie touristique. Les visites sont guidées et très intéressantes mais dommage que nous n’ayons pas tout compris en raison de notre niveau d’anglais insuffisant.

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Après cette étape, nous reprenons la route vers notre prochaine destination qui sera Rotorua. Mais il se fait tard et nous repartons dans la même galère que la veille : tourner, tourner, rouler afin de trouver un endroit tranquille où passer la nuit avec le camping-car.

Il faut préciser que la location d’un campervan est assez onéreuse en Nouvelle Zélande (et plus particulièrement en cette haute saison de février) par conséquent nous n’avions pas trop envie de dépenser 50 à 60 NZD minimum par jour pour une place de camping. De plus nous ne sommes pas adeptes de la promiscuité de ces derniers (les véhicules sont parqués en rangs d’oignons et c’est à peine si vos voisins vous disent « bonjour » ).

Avant de s’offrir ce voyage de luxe en campervan, l’on rêvait d’espaces sauvages et de couchers de soleil sur les collines, pas d’aller s’entasser dans un Park Hôtel chaque soir alors que l’on a loué un véhicule parfaitement autonome (self contained comme ils disent).

Habitués à la vie en bateau, nous consommons peu d’eau donc pas besoin de remplir les réservoirs chaque soir et lorsque l’on roule, les batteries se rechargent.

Il faut savoir que l’on trouve presque dans toutes les villes des stations d’épurations où l’on peut vider gratuitement ses cuves à eaux noires (caca-pipi) et à eaux grises (douche, vaisselle). Dans ces stations de vidange, l’on peut faire le plein d’eau. Ces endroits sont très bien indiqués sur les cartes routières et dernier détail : c’est gratuit. Petite précision : pour une famille de 4 avec un transit intestinal strictement normal et pas de problèmes de prostate ou d’autres cystites, nous avions besoin de vider notre cuve à eau noire tous les 3 jours.

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Finalement, nous nous arrêtons dans un coin un peu paumé, sur le parking d’un départ de randonnée, au niveau de l’Ongaonga reserve. C’est au cours de cette nuit que Maya perd sa première dent ; heureusement que la petite souris s’était arrangée pour passer même si nous n’étions pas chez nous. Mais le vœu de Maya nous fend le cœur : elle aimerait comprendre l’anglais afin de pouvoir jouer avec des copines…

 

Nous commençons à prendre nos marques avec notre nouveau mode de voyage terrestre et je dois avouer que malgré les débuts un peu difficiles, à présent le camping-car me parait aussi adapté que le voilier pour voyager avec des enfants en bas âge (respect des heures de sieste, préparation des repas, aménagement de leur petit ( très petit) espace de vie, etc…). L’on peut aller à son allure, prendre son temps.

 

 

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Il faut savoir que les distances sont grandes en Nouvelle Zélande et les routes souvent sinueuses ; il ne faut pas faire l’erreur de vouloir en voir trop en trop peu de temps. Mieux vaut se concentrer sur une région et bien l’explorer ; enfin, c’est en tous cas ce que nous avons fait. Nous avons loué un campervan durant 3 semaines et demi mais nous n’avons visité « que » le centre de l’île du Nord.

 

 

ROTORUA :

L’île du Nord en camping-car – Partie 1

Ce qui saisit d’emblée lorsque l’on arrive dans la ville c’est l’intense odeur de soufre. Rotorua est l’une des zones géothermiques les plus actives de Nouvelle Zélande : sources d’eau chaude, bassins de boue littéralement bouillonnante, geysers font de cette ville, une ville à grand spectacle !

La grosse blague pour l’équipage de Ninamu est de se demander mutuellement et inlassablement au cours de la journée : qui a fait prout ? Ce qui nous fait rire immanquablement… Oui, je sais.

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Rotorua est une belle ville s’entourant autour d’un grand lac qui recouvre le cratère d’un volcan endormi.

Avant d’aller explorer les parcs géothermiques, nous partons nous balader dans la forêt de Whakarewarewa qui vaut vraiment le détour. De magnifiques séquoias et pins de Monterey donnent un charme majestueux à l’endroit. La forêt est parcouru de sentiers de randonnées de tous niveaux. On adore l’endroit, dommage qu’il y soit formellement interdit de camper car nous serions bien restés pour la nuit.

L’île du Nord en camping-car – Partie 1

Au hasard de nos pérégrinations routières agrémentées d’engueulades (mé-cé-kan-kon-saréte ?), nous atterrissons dans la région des lacs de Rotorua. Ils sont au nombre de 16, tous plus beaux les uns que les autres. Nous parvenons enfin à trouver une aire de parking à peu près plate et sans le fameux panneau « NO CAMPING OVERNIGHT » et passons la nuit, seuls, face au lac Tarawera surplombé par le majestueux volcan du même nom.

Si nous ne nous étions pas perdus, combiné à l’obstination de Florent pour trouver le lieu idéal où passer la nuit, nous aurions loupé ces chemins de traverse et cela aurait été vraiment dommage. C’est vraiment très très beau.

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Le lendemain, nous nous offrons la visite de la réserve géothermique de Te Puia située aux portes de Rotorua pour ne pas dire en centre-ville ! Cette réserve, qui est superbe, comporte plus de 500 sources d’eau chaude, des mares de boue et un magnifique geyser : Pohutu. C’est magique et cela vaut le prix du billet d’entrée. Hélas, Matéo hurle en se bouchant le nez et cela n’a pas l’air d’être de la comédie. Il court en se bouchant le nez essayant ainsi d’échapper aux fortes émanations de soufre. L’odeur semble réellement le faire souffrir ; peut-être celle-ci est-elle irritante pour son petit système respiratoire ?

L’île du Nord en camping-car – Partie 1
L’île du Nord en camping-car – Partie 1

A la fin de la visite, il y a une exposition artisanale, les pièces en bois sont sublimes mais leurs prix indécents (des dizaines de milliers de dollars !). Même si l’on respecte énormément le travail de ces artisans, il ne faut pas exagérer quand même.

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Nous voilà repartis sur la route à la recherche d’un coin tranquille où passer la nuit (ce sera le leitmotiv de notre voyage comme vous l’aurez compris). Cette fois ci, on ne galère pas trop car nous tombons assez rapidement sur le lac Okaro autour duquel il est possible de camper en pleine nature. En prime, il y a un barbecue à gaz gratuit et le sympathique chien de la ferme voisine qui nous adopte immédiatement (sans que nous ayons besoin de lui donner un os). L’endroit est superbe ainsi que le sentier qui fait le tour du lac.

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Le lendemain, nous nous rendons directement à Waikite Valley thermals pools, un camping recommandé par des copains kiwis. Ce n’est pas tout à fait un camping comme les autres car il est situé sur un site géothermique qu’ils ont exploité. Si vous séjournez dans le camping, l’accès aux piscines d’eau chaude et aux jacuzzis est gratuit ! La température de l’eau des différents bassins varie entre 35 et 40°. Pour couronner le tout, le cadre est très joli. Les enfants s’éclatent et nous aussi d’ailleurs. Mais attention le camping est tout petit, il n’y a pas beaucoup de place donc mieux vaut arriver tôt afin d’avoir une place et aussi pour profiter des piscines. Les tarifs sont de 22 NZD/adulte et 12/enfant de plus de 5 ans. Et ça les vaut largement.

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La réserve naturelle de Wai-O-Tapu (les Eaux Sacrées en maori) est un superbe parc géothermique situé à 27 kilomètres au Sud de Rotorua. Si vous ne deviez faire qu’un seul parc, nous vous conseillerions celui-là car il est tout à fait exceptionnel et meilleur marché que celui de Te Puia.

L’île du Nord en camping-car – Partie 1

Un petit conseil, il faut se pointer à 8H30 à l’ouverture car il y a vraiment beaucoup de monde dans la journée. Vous pouvez « rater » le spectacle du geyser Lady Knox qui se tient à 10H30 et que l’on a trouvé pitoyable. Un animateur fait cracher artificiellement le geyser en y mettant du savon, c’est nul et ridicule. Peut-être que l’on est sévère car nous n’avons pas tout compris du speech précédent l’éruption du geyser ? Je ne sais pas mais le geyser en lui-même est minable comparé à toutes les merveilles de la nature qui se trouvent dans le parc de Wai-O-Tapu lui-même.

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Les couleurs sont sursaturées et superbes ; l’on est émerveillé par les cratères, les piscines d’eau et de boue chaudes, les fumeroles qui s’échappent des antres de la terre… L’on sent que quelque chose vibre sous nos pieds.

A savoir que l’accès aux Mud Pools est gratuit et aussi fascinant que le reste.

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Le jeudi soir se tient un marché de nuit à Rotorua, il y a essentiellement des stands de nourriture et quelques maraichers. Pas besoin de prolonger votre séjour dans la ville pour ne pas le manquer mais si vous y êtes, cela fait une distraction sympa.

Nous parvenons (après bien des galères et des discussions conjugales houleuses « mé-on-na-ka-alé-o-camping !» à trouver un coin autour du lac Rotorua où poser le campervan pour la nuit. Souvent, après des journées bien remplies, je dois avouer que je suis tentée par la facilité de nous parquer dans un camping sans avoir à rouler une heure de plus en rond et inutilement ; car en bonne mère de famille, je pense à me poser, à doucher les enfants et à préparer le repas. L’homme lui, archi-têtu, se fait un devoir ou un principe que de ne faire que du camping sauvage. Je dois avouer que dans le fond, je suis bien d’accord avec lui mais parfois, nous roulons, roulons et c’est galère !

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Nous pensions avant cette expérience à 6 roues que ce serait vraiment plus facile de trouver des coins sauvages où camper librement. Mais ce n’est pas le cas, en tous cas dans ces coins très touristiques de Nouvelle Zélande.

Nous achevons notre séjour à Rotorua en retombant en enfance : nous nous adonnons à la luge à roulettes sur le mont Ngongotaha qui du haut de ses 487 mètres de dénivelé surplombe la ville de Rotorua et son lac. Le principe est simple, nous montons en télécabine, dévalons la pente en luge à roulettes puis remontons en télésiège pour une nouvelle descente vertigineuse. C’est délicieusement régressif et rigolo et cela détend l’atmosphère après les engueulades de la veille.

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Nous reprenons la route direction le plus grand lac de Nouvelle Zélande : le lac Taupo qui se tient majestueux au pied du Tongariro National Park que nous n’aurions manqué pour rien au monde.

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 23:38
GREAT BARRIER ISLAND

Great Barrier Island appelée aussi Aotea (le nuage blanc en maori) est l’île des superlatifs ; c’est probablement l’un des coins que l’on préfère en Nouvelle Zélande. L’île fait 35 kms de long et 15 dans sa partie la plus large. Il est assez incroyable de constater qu’une île aussi belle et proche d’Auckland soit autant préservée et peu urbanisée.

Nous partons tôt le matin vers 7H avec un vent de sud-ouest à 30 nœuds. Nous avons une cinquantaine de miles à parcourir avant d’arriver à Port Fitzroy. Malgré le froid, nous apprécions la navigation ; d’ailleurs le ciel s’éclaircit peu à peu laissant passer quelques rayons de soleil qui nous réchauffent doucement.

Nous passons au large de Little Barrier Island où il est quasi impossible de mouiller mais de toutes manières, il est interdit d’accoster sur l’île sans autorisation spéciale car c’est une réserve naturelle protégée.

GREAT BARRIER ISLAND GREAT BARRIER ISLAND

Arrivés à Port Fitzroy, Florent se mets à se moquer de moi : « es-tu sûre que c’est dans ce ‘trou’ paumé que l’on va trouver une épicerie bien achalandée, un office du tourisme et un loueur de voitures ? ». J’avais lu un guide touristique qui mentionnait tout cela mais il est vrai qu’en arrivant dans ce mouillage sauvage, beau et isolé, on a du mal à se le figurer…Et pourtant ces 3 services sont bien présents.

GREAT BARRIER ISLAND
GREAT BARRIER ISLAND GREAT BARRIER ISLAND

Nous faisons quelques courses à prix d’or puis partons nous balader. Une petite randonnée appelée mystérieusement Old Lady Track mène à un promontoire rocheux qui surplombe le port de Fitzroy La vieille dame devait être en très bonne condition physique car il y a quand même 200 mètres de dénivelé. Mais notre effort est vite récompensé car au somment la vue panoramique embrasse tout Port Fitzroy.

GREAT BARRIER ISLAND
GREAT BARRIER ISLAND GREAT BARRIER ISLAND
GREAT BARRIER ISLAND GREAT BARRIER ISLAND

Quelques jours plus tard, nous changeons de mouillage pour Kaiaraara Bay point de départ de nombreuses randonnées. Il est notamment possible de rejoindre en 15 minutes Kaiaraara hut qui comme son nom l’indique est un refuge situé près d’une jolie rivière qu’enjambe un pont suspendu qui amuse beaucoup nos enfants.

GREAT BARRIER ISLAND GREAT BARRIER ISLAND
GREAT BARRIER ISLAND

Le mont Hirakimata ou mont Hobson est le point culminant de l’île du haut de ses 627 mètres. Il existe plusieurs voies d’accès pour atteindre son sommet dont l’une, la kaiaraara track, part justement de la baie du même nom. Il faut deux bonnes heures pour en venir à bout. Le chemin est assez encaissé et les marches d’escalier hyper raides ; à croire que les kiwis ne connaissent que la verticalité ! En chemin, l’on croise pas mal de vasques dans lesquelles l’on peut se rafraichir ou se baigner. Mais pour ma part je n’ai qu’une envie : arriver rapidement au sommet afin d’admirer la vue à 360° avant que le ciel ne s’obscurcisse complètement. Il n’y a que 600 mètres de dénivelé mais je trouve le sentier épuisant. Enfin arrivée au point géodésique, pour me récompenser de mes efforts, un épais brouillard m’attend et la vue est quasi inexistante en raison de gros nuages gris menaçants. Je suis assez déçue même si j’arrive à entrevoir çà et là, à l’occasion de quelques trouées, un coin de la côte est qui me stupéfie. J’aperçois notamment d’immenses plages de sable blanc qui contrastent avec la côte ouest et ses forêts. Cela me conforte dans l’idée qu’il faut absolument que nous louions une voiture afin d’aller explorer ce côté-là de l’île.

GREAT BARRIER ISLAND GREAT BARRIER ISLAND
GREAT BARRIER ISLAND GREAT BARRIER ISLAND
GREAT BARRIER ISLAND GREAT BARRIER ISLAND

Je me régale d’un repas gastronomique composé d’une boite de sardines accompagnée de son suprême de pain dur puis entreprend la descente par un sentier différent afin d’effectuer une boucle.

Le South Fork Track est un peu plus long mais la pente est plus douce. Autre avantage, il n’y a des marches d’escalier qu’au début et le sentier est plus aérien offrant de beaux points de vue. Je croise quelques vasques mais je ne veux pas m’arrêter car j’ai prévu de rejoindre Florent et les enfants à la rivière près du refuge. Le téléphone ne passant pas, notre heure de rendez-vous est plus qu’approximative et c’est stupéfaits que nous nous retrouvons à 5 minutes d’intervalle au lieu initialement prévu !

L’eau de la rivière est glaciale malgré le soleil taquin qui est revenu pendant que je redescendais . Philosophe, je me dis que c’est mieux comme cela que l’inverse : ce grand ciel bleu nous invitant à la baignade en famille .

GREAT BARRIER ISLAND

Il n’est cependant pas très facile de rentrer dans l’eau froide. J’entreprends une drôle de technique afin de laver mes cheveux. J’essaye de ne mouiller que ma tête en évitant à tout prix de mouiller mon torse. Et c’est là, que la tête pleine de mousse de shampoing, je croise le regard embarrassé de Florent qui me dit : « il y a un garde forestier derrière toi ». Vu sa tête, je comprends que pour une fois, il ne blague pas. Mince, j’aurai été moins gênée si j’avais été nue ! Inutile de préciser que mettre de la mousse et du savon dans une rivière en Nouvelle Zélande n’est pas vraiment apprécié par les rangers. A ce moment, il n’a plus été question d’eau froide, de congélation ou d’hypothermie, j’ai plongé d’un coup sous l’eau espérant dissoudre rapidement les preuves de mon méfait écologique. Le garde forestier s’est lentement approché de nous et nous, nous nous tenions droits, tels des enfants pris en faute et prêts à encaisser son sermon. Mais à notre grande surprise, il a commencé par nous sourire (à ce moment, on s’est dit que c’était l’amabilité et la politesse kiwi requises avant l’engueulade réglementaire, voire la contravention) mais il s’est contenté de discuter jovialement avec nous sans mentionner que la rivière n’était pas faite pour se laver. Glupps… On a eu chaud, enfin plutôt froid, puis chaud enfin vous avez compris.

Enfin débarrassés de nos miasmes, nous sommes retournés au bateau et là, le mont Hobson s’élevait, resplendissant dans un ciel bleu, pur et dégagé. Sacré farceur ! Je me suis promis d’y regrimper un de ces jours.

GREAT BARRIER ISLAND GREAT BARRIER ISLAND

Ceux qui connaissent Great Barrier Island, pourrons nous reprocher de nous infliger des bains glaciaux en rivière alors que dans pratiquement la baie d’en face, Smokehouse Bay, l’on peut prendre un bain avec de l’eau chaude. Mais c’est que nous ne le savions pas à l’époque. Des copains nous avaient bien parlé d’une baignoire en plein air avec de l’eau chaude à volonté mais l’on n’y croyait qu’à moitié…

D’ailleurs ce mouillage devrait plutôt s’appeler Laundry Bay ou Hot Bath Bay car non seulement le site est équipé d’un fumoir à poisson mais aussi de bacs pour laver son linge, d’étendoirs pour le sécher et de deux baignoires pour se laver après tous ces efforts. L’eau est chauffée par un poêle à bois qu’il faut alimenter après avoir coupé des bûches. Il y a également des tables de piquenique, des toilettes et des balançoires. L’une des baignoires est à l’extérieur et l’autre dans une petite cabane pour plus d’intimité. Comme souvent en Nouvelle Zélande, il y a une honesty box dans laquelle vous pouvez mettre la somme que vous voulez en échange de l’utilisation de ces équipements. Les sous servent plus à entretenir le lieu qu’à faire du bénéfice.

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Les enfants se délectent dans leur bain chaud et ne veulent plus en sortir. On arrive enfin à les en extraire en leur proposant de partir à la pêche aux moules. A marée basse, il y en a plein et nous apprécions particulièrement les petites bleues. Nous nous régalons.

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En parlant de régal, il y a une bonne adresse à na pas manquer à Great Barrier Island si l’on veut se ravitailler en fruits et légumes bio et frais. Il existe une exploitation agricole qui s’appelle Okiwi Passion, tenue par un couple très sympa, Caity et Gerald Endt. Ce n’est pas trop loin de Port Fitzroy mais il faut quand même faire du stop pour s’y rendre (l’autostop marche assez bien sur l’île).

Je m’entends tout de suite bien avec Caity qui parle très bien français car elle a vécu 12 ans en Algérie lorsqu’elle était enfant ; cela crée des connivences. Elle me parle de Gerald qui est insuffisant rénal et qui doit s’autodialyser 3 fois par semaine durant 6 heures. Il est en attente d’une greffe rénale qui lui simplifierait bien la vie.

Dernier truc à savoir : l’on peut même commander des paniers bio en les appelant à l’avance : 09 429 0137 ou en les contactant : okiwipassion@farmside.co.nz. Et pour ceux que cela intéresserait, ils prennent des woofers.

GREAT BARRIER ISLAND
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Intrigués par cette belle côte est entraperçue depuis le sommet du mont Hobson, nous décidons de louer une voiture afin d’explorer l’île. A l’époque, nous ne savions pas que c’était deux fois plus cher à Port Fitzroy qu’à Claris ou Tryphena. Mais la propriétaire du véhicule ne manque pas de nous signaler que le kilométrage est illimité. Sur une île de si petite taille, cela nous fait une belle jambe ! D’autant plus, qu’elle prend bien soin de nous indiquer toutes les pistes de 4x4 où nous ne pouvons pas accéder avec ce véhicule léger. Malgré ces remarques quelques peu acerbes, nous ne regrettons pas cette location de voiture car elle nous permet d’explorer le Nord de l’île et surtout la côte est qui, très souvent exposée aux vents dominants, rend le mouillage difficile.

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Great Barrier Island nous conquit avec ses paysages exceptionnels ; l’île est tout en contraste et c’est étonnant sur une aussi petite superficie. Nous passons d’une côte ouest intimiste et très boisée à des lagunes, des plages de sable banc et des dunes à l’est. Sans parler des pics montagneux qui culminent en son centre et de Windy Canyon et ses drôles de rochers.

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Pour le déjeuner, nous nous arrêtons à Claris dans le seul café ouvert qui propose des encas (le Claris Texas Café). Après avoir hésité entre des paninis et des nachos, nous optons pour ce dernier choix qui s’avère calamiteux : la nourriture est grasse et écœurante. Nous n’avions pas vraiment compris de quoi il s’agissait en choisissant ce plat…

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Après ce festin digne d’un chef 3 étoiles, nous décidons (le ventre lourd avec des remontées acides) d’y remédier en allant nous promener aux Kaitoke Hot Spring. Si la balade qui y conduit est jolie en elle-même, les pseudos hot spring ont peu d’intérêt : le niveau d’eau est bas, il y a beaucoup de touristes et on a déjà les jambes comme des poteaux alors pas besoin de les mettre dans de l’eau à 40°.

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Pour couronner le tout, un panneau informatif signale le risque de méningite amibienne en cas d’immersion dans le bassin ! Non merci. Avec les nachos de midi, on a déjà pris assez de risques comme ça pour aujourd’hui.

Une fois la voiture rendue à sa propriétaire, nous allons mouiller devant Kaikoura island. Ses deux mouillages sont très jolis et peu fréquentés, c’est d’ailleurs surprenant.

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Le lendemain, nous mettons les voiles vers la baie de Whangaparapara située sur la côte sud-ouest de l’île. C’est un mouillage bien abrité et comme le vent forcit, l’on cherche à se mettre à l’abri. En chemin, nous apercevons au large un groupe de baleines et là s’ensuit une discussion houleuse entre l’équipière et le capitaine au sujet de la nécessité de tirer un bord afin d’aller observer les cétacés. Finalement, j’obtiens gain de cause et notre cap est modifié. Ces rencontres sont toujours magiques mais je dois reconnaitre que la suite de la navigation avec un vent de 30 nœuds dans le nez n’est pas très agréable. Enfin, on ne peut pas tout avoir et on n’allait pas rater une occasion d’observer des baleines pour ce petit désagrément. Non ? Tout compte fait, nous finissons par arriver dans la baie de Whangaparapara qui est effectivement bien protégée.

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Comme il fait gris, nous ne voyons pas immédiatement la beauté de la baie mais dès que le soleil se dévoile c’est autre chose. La baie est profonde et encerclée de montagnes : mont Whangaparapara, mont Hobson et les falaises de Te Ahumata. Seul petit bémol, il n’y a pas réellement de plage et c’est dommage pour les enfants. Heureusement plusieurs balades à terre permettent de se dépenser.

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L’on peut notamment gravir assez facilement le mont Whangaparapara qui n’est pas très haut (309 mètres) mais d’où la vue sur la baie en contrebas est splendide. En cas de soleil radieux, le regard se perd jusqu’aux Mercury Islands et les îles du golfe d’Hauraki.

GREAT BARRIER ISLAND
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Nous quittons Great Barrier Island à regret mais il est temps de commencer à nous diriger vers la péninsule de Whangaparaoa où se situe la marina Gulf Harbour. Nous y avons réservé une place pour Ninamu, que nous laisserons à bon port le temps de notre voyage en camping-car.

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Comme nous avons quelques jours devant nous avant de récupérer notre véhicule, nous faisons un petit détour vers Kawau Island. Ca souffle bien, dans les 35 nœuds en vent arrière, il fait gris mais nous sommes heureux car nous péchons notre premier King fish.

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Kawau Island est connue pour ses wallabies importés d’Australie et introduits il y a plusieurs décennies mais malgré nos nombreuses balades, nous n’en verrons aucun cette fois-ci.

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Dernière escale avant Gulf Harbour : Tiritiri Matangi Island.

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Drôle de petite île qui fut complètement déboisée par les colons afin de servir de pâturage. Mais depuis 1994, des volontaires ont planté plus de 250 000 arbres afin que l’île retrouve son aspect initial. A présent, la forêt couvre 60% du territoire. De nombreuses espèces d’oiseaux ont également été réintroduites sur l’île. L’on surnomme à présent Tiritiri « l’île du chant des oiseaux » tellement le ramage de ces derniers est tonitruant.

Nous mouillons dans la très jolie baie de Fishermans Cove mais il nous est impossible de débarquer à terre en raison de la houle et de gros rochers à l’approche de la plage. C’est bien dommage car l’endroit est paradisiaque.

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Comme le vent tourne et rend le mouillage inconfortable, nous allons nous réfugier de l’autre côté de l’île devant Hobbs Beach.

Le temps est radieux mais nous grelotons en raison d’un vent du sud qui est bien froid. La vue sur Auckland et ses volcans, notamment Rangitoto, est magnifique. C’est un peu surréaliste d’apercevoir au loin les buildings d’Auckland, ville où nous ne sommes jamais allés.

L’on fait la rencontre d’une sympathique famille kiwi à bord d’un minuscule trimaran. Le lendemain, nous sommes étonnés de ne plus les voir au mouillage malgré l’heure matinale. L’on se dit que l’on n’a pas du comprendre ce qu’ils nous avaient expliqué au sujet de leurs projets. Nous apprendrons plus tard que les rafales de vent les ont fait déraper durant la nuit et qu’en se retrouvant sur le récif, ils ont abimé leurs safrans. Heureusement, ils ont pu rejoindre la marina sains et saufs afin de réparer leur bateau.

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Avant de nous diriger vers la marina de Gulf Harbour, nous prenons soin de les appeler afin de les informer de notre arrivée imminente (nous avions déjà confirmé par mail). Petite sueur froide lorsque la gérante nous demande de la rappeler car elle doit s’assurer que la place est libre ! Nous avons déjà réservé et payé notre camping-car qui nous attend dans quelques jours, il faut donc impérativement que nous trouvions un endroit sûr pour laisser Ninamu durant notre absence.

Au final, tout s’arrange, la marina nous trouve une place avec les super yachts et nous pouvons nous amarrer au ponton.

 

 

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 22:30
Escale à Whangarei

 

 

 

TOWN BASSIN :

 

Escale à Whangarei

La marina de Whangarei est idéalement située en plein centre-ville. La ville en elle-même n’a pas d’attrait particulier mais les alentours offrent quelques balades bien sympathiques.

Le dynamisme de la ville semble centré sur l’industrie nautique, il y a absolument tout pour s’occuper de son bateau : chantiers, marinas, shipchandlers, haubanage, voileries. De plus les prix sont moins élevés qu’à Opua ou Auckland.

Nous avons un tas de petites réparations à effectuer sur Ninamu et beaucoup de courses à faire. Nous décidons de louer une voiture pour nous simplifier la vie mais aussi afin de pouvoir consacrer quelques heures aux enfants tous les jours en les emmenant à diverses activités. Il faut dire qu’ils sont bonne pâte car ils nous suivent partout sans rechigner alors qu’il y a quand même plus marrant qu’un magasin de plomberie.

Escale à WhangareiEscale à Whangarei
Escale à WhangareiEscale à Whangarei
Escale à Whangarei

Outre la super aire de jeux pour enfants située dans la marina elle-même, une patinoire temporaire a été montée juste à proximité. L’on en parle pendant plusieurs jours avant de pouvoir enfin y emmener les enfants. C’est alors que nous réalisons que Maya ne comprenait absolument pas de quoi il s’agissait lorsqu’elle nous dit : « Ah ! On va enfin à la patte noire !? ».

Escale à Whangarei

Les patins sont plutôt oranges et l’hilarité au rendez-vous. Florent et Matéo (inconscient de tout danger) s’éclatent. Maya galère un peu plus mais s’en sort quand même pas mal pour une novice. Quant à moi, je garde les chaussures qui sont restées avec ma témérité au vestiaire.

Escale à WhangareiEscale à Whangarei

La ville de Whangarei est parfaite pour l’avitaillement : les supermarchés sont juste à côté de la marina et il y a plein de magasins en centre-ville. Le samedi matin se tient un marché de producteurs locaux avec beaucoup de produits bio : fruits, légumes, viande de qualité. C’est un pur régal mais il faut y aller tôt car il commence à 6 H et vers 9H30 les étals sont déjà presque vide ! On peut aussi y trouver du pain de grande qualité (du VRAI pain) fabriqué par un couple d’allemands et qui est délicieux.

Nous avons visité le curieux musée de l’horloge qui jouxte la marina, il est assez intéressant et le tintement des pendules réglées à des heures différentes est assez poétique.

Escale à WhangareiEscale à Whangarei

Depuis la marina, l’on peut grimper le mont Parihaka ; arrivés au sommet, la vue est imprenable sur le bassin de Whangarei. C’est à faire absolument et pas très difficile. La réserve de Parihaka offre plusieurs sentiers de randonnée dont l’un qui suit la rivière Hatea et remonte jusqu’aux Whangarei Falls. Très joli coin. En chemin, on passe par le Ah Reed Memorial park, où l’on peut admirer des Kauri qui ont dans les 500 ans et font plus de 100 mètres de hauteur.

Il faut plusieurs heures pour faire le parcours en entier des Whangarei Falls à Town Bassin mais Maya et sa copine Yaëlle de Ousititis l’ont parcouru sans problèmes.

Escale à Whangarei
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Il y a une autre balade assez curieuse non loin de la marina qui sont les Abbey Caves. Si les grottes en elle-même ne nous ont pas intéressées, on a trouvé le chemin de randonnée très joli car parsemé de curieux cailloux blancs appelés limestone.

A proximité de la marina, il y a également un parc aquatique avec des toboggans donc tout ça pour dire que Whangarei est l’escale qui ravit les enfants. C’est que même si nos petits moussaillons ont la chance d’avoir la vie qu’ils ont au grand air, ils n’ont pas souvent accès à toutes les activités proposées dans les villes, par conséquent une simple balançoire devient un luxe ultime !

Escale à WhangareiEscale à Whangarei

Enfin, on a eu un gros coup de cœur pour le parc accrobranches Adventure Forest situé à Glenbervie (à une quinzaine de minutes de Whangarei). Ce parc est tenu par un couple de français arrivés en Nouvelle Zélande à bord de leur voilier il y a quelques années. Le parc est très bien agencé et hyper sécurisé. Même Matéo a pu faire un petit circuit et était tout fier de pouvoir faire comme les grands.

Escale à WhangareiEscale à Whangarei

Cette escale à Whangarei nous a permis également de revoir nos copains Mervin et Shirley qui habitent dans la ville. Ils nous invitent chez eux pour un barbecue et il est intéressant pour nous de prendre conscience de nos différences culturelles. Premièrement ici l’on dîne tôt, vers 18 heures. Chacun se sert et même si la nourriture est en abondance, le repas est vite expédié : on mange, on se ressert puis on passe à autre chose. Il est vrai que pour notre part, avec des amis, on a tendance à rester des heures à table ! On fait un flop avec la bouteille de vin dégotée (vieillie en fut de chêne) et qu’ils ne semblent pas apprécier alors que nous, on était tout heureux de trouver un succédané de bordeaux. J’ai bien dit succédané car on a du mal avec les vins néo-zélandais dont les aromes nous semblent « trafiqués ».

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Lorsque nous leur avons rendu l’invitation, nous étions sur les starting-block, prêts enfin à leur offrir le french dîner idéal : gratin dauphinois, côte de bœuf au barbecue et nous avions même pensé à l’inévitable sauce à la menthe dont les kiwis raffolent tant lors de leurs barbecues. J’avais d’ailleurs mis une bonne quinzaine de minutes avant de trouver cette foutue sauce dans les rayons du supermarché. Hè, hè, hè, ils allaient voir que nous aussi les froggies nous savions recevoir !

Mais alors que nous aimons la viande bleue, ils la consomment plutôt bien cuite ; le gratin dauphinois et sa crème ne semblait pas autant les ravir que je l’escomptai et vous apprendrez que la sauce à la menthe se consomme uniquement avec de l’agneau… Tout ceci émane de mon interprétation bien sûr car Merv et Shirley sont bien trop gentils pour nous faire des critiques désobligeantes alors qu’ils sont nos invités. Mais bon derrière leurs remarques polies, on a bien compris que ça clochait. Notre challenge : comment leur préparer le dîner idéal ? Nous y sommes enfin arrivés quelques mois plus tard… Et comment ? en leur préparant des hamburgers maison qu’ils ont vraiment, mais alors vraiment appréciés !

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Si nous nous arrachons quelques cheveux pour la réalisation de nos repas, nous nous en arrachons par poignées lorsqu’il s’agit de la confection de nos coussins de cockpit et de la réparation de nos voiles. Pour rapiécer notre génois (Florent va faire la tronche en lisant le verbe rapiécer mais c’est pourtant de ça dont il s’agit) donc pour rapiécer notre génois, nous nous sommes adressés à Calibre Sails. Nous n’avons pas été complètement satisfaits du résultat car ils avaient oublié une réparation ( un trou) et les pièces de rajout ne sont pas parfaitement ajustées.

Les housses des coussins du cockpit furent réalisées par Undercover Canvas (situé dans la petite zone industrielle de Riverside) dont le patron (et seul employé) est certes très gentil mais, qui plane et qui nous a fabriqué des housses trop grandes alors qu’il avait le modèle ! Sans compter des inscriptions au marqueur sur les dites housses ! Bon, on va relativiser : ce ne sont que des housses de coussin mais ça fait râler.

Terminons par une note positive pour saluer le professionnalisme de Fiona Ahern qui a confectionné nos housses de matelas de cabine (travail parfait, rapide, attentionné et bon marché). En plus, cette dame est adorable. Où avons-nous trouvé cette perle ? Par le plus grand des hasards à la marina via le bouche à oreille. Elle vit sur son bateau à la marina de Town Bassin à Whangarei. Voici ses coordonnées : fiona.mike@vodafone.net.nz et son tel : 021 941 310.

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Après ce séjour « en ville », il est temps pour nous de renaviguer. Nous n’avons pas résolu tous nos problèmes notamment celui de trouver un barbotin qui aille avec notre chaine ou une chaine neuve allant avec le barbotin mais l’on ne désespère pas. J’aime bien taquiner Florent en lui disant qu’il est le conservateur du musée du barbotin car nous en avons pour le coup 4 à bord dont aucun ne convient parfaitement à notre chaine ! Casse-tête métrique.

Nous avons donc le barbotin de l’ancien guideau (qui est tombé en panne, barbotin qui ne s’adapte pas sur le nouveau guindeau), le barbotin du nouveau guideau ( mais qui n’est pas adapté à la chaine), le barbotin en bronze (!) que nous a refourgué Accastillage Diffusion en France (qui n’est adapté à rien) et enfin le barbotin d’occasion que Florent a trouvé pour 50 dollars mais qui convient imparfaitement. Voilà.

Bon bref, barbotin ou pas, nous partons naviguer dans le bassin de Whangarei qui offre plusieurs beaux mouillages.

Escale à WhangareiEscale à Whangarei

 

 

 

WHANGAREI HEADS :

 

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Mac Leod Bay :

 

Mac Leod Bay est une très jolie baie surplombée par le mont Manaia d’un côté et le mont Aubrey de l’autre.

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Je voulais absolument mouiller dans cette baie en raison du mont Manaia dont la forme et la légende maorie me fascinent. Ce majestueux pic culmine à 460 mètres et à son sommet se dressent 5 pitons rocheux.

Selon la légende, ces 5 pitons représentent des personnes : le grand chef Manaia, ses deux enfants, Pito sa femme (qu’il a volé au chef Hautatu) et ce dernier qui les suit brandissant son arme afin de récupérer son épouse. Mais ils ont tous été transformés en pierre par le Dieu du Tonnerre (ne me demandez pas pourquoi) lorsque celui-ci leur a parlé du ciel. Peut-être était-ce une sorte de juge aux affaires familiales et c’était sa façon à lui de régler les conflits afin d’avoir la paix ?

Quoiqu’il en soit, après ¾ d’heure de grimpette assez rude (merci les marches d’escaliers), l’on arrive à une plateforme d’où la vue à 360° subjugue. Il est expressément demandé par la communauté maorie de ne pas escalader les pitons qui sont sacrés et c’est ahurissant de constater que certaines personnes irrespectueuses passent outre. Parfois je me demande ce que certains ont dans la tête !

Escale à Whangarei
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Après cette balade, je rejoins Florent qui m’attend avec les enfants sur la plage. Mais l’on va avoir comme un petit problème pour retourner sur notre voilier: la marée est descendue et l’on doit tirer notre annexe pour la remettre à l’eau. Cela s’avère être une véritable galère. L’on est obligé de progresser pieds nus car nos tongues restent prisonnières de la vase. De drôles de trucs nous piquent et l’on prie pour ne pas s’ouvrir les pieds sur des huitres. Après 30 minutes d’effort intense, l’on parvient enfin à rejoindre la mer ! Mais il faut alors faire le chemin inverse afin d’aller chercher les enfants restés sur le rivage. Après ce travail de forçat, nous sommes bien contents de nous retrouver à bord de Ninamu au mouillage : on se sent libre.

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L’ascension du mont Aubrey offre également de très beaux points de vue sur Whangarei harbour mais l’endroit est moins mystique…

Escale à WhangareiEscale à Whangarei
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Woolshed Bay :

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C’est le dernier mouillage abrité avant de sortir du bassin de Whangarei. Nous y arrivons par un temps maussade qui dégénérera vite en tempête avec des rafales de vent à 40 nœuds. Nous restons deux jours enfermés dans le bateau sous une pluie battante. Mais avec le retour du soleil, toute la beauté de la baie nous apparait enfin et nous en profitons pour gambader.

On peut aisément passer devant la Bream Head Scenic Reserve sans en percevoir l’intérêt mais ce serait une erreur que de ne pas explorer le coin car il y en a pour tous les gouts.

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A commencer par un petit sentier qui part de Woolshed Bay et qui conduit en 10 minutes à la très jolie plage de Smugglers Bay de l’autre côté.

Si l’on poursuit la promenade par un sentier circulaire, cela permet de faire une boucle en passant par Busby Head. L’on peut apprécier de très beaux de vue tout au long de la balade (faisable en entier avec des enfants, durée environ 1H).

Escale à Whangarei
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Escale à Whangarei

Mais le top reste la randonnée qui mène de Woolshed Bay à Ocean Beach via le mont Lion, Peach Cove et Bream Head. C’est une randonnée assez longue de 7,5 km et 900 mètres de dénivelé positif mais quel panorama ! Il faut compter 3 H en marchant bien. La grimpette vers le mont Lion est éprouvante (hautes marches d’escalier hyper raide) mais le parcours en forêt qui suit est magique pour des raisons que je ne saurai expliquer. La suite du parcours sur une crête offre de très beaux points de vue sur toute la zone. L’arrivée sur Ocean Beach est époustouflante car elle contraste avec le reste : c’est une immense plage de sable blanc où les rouleaux font la joie des surfeurs.

Escale à Whangarei
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Escale à WhangareiEscale à Whangarei
Escale à Whangarei

Le retour s’est avéré quelque peu galère. Je m’imaginais faire facilement de l’autostop sur la route bitumée qui mène de Ocean Beach à Woolshed Bay mais malgré un nombre important de voitures (une quinzaine), personne ne semble avoir de compassion pour moi. Heureusement, deux très mignons surfeurs trentenaires finissent par avoir pitié de ma personne et me voilà ramenée à bon port sans trop me fatiguer.

Escale à WhangareiEscale à Whangarei

Après avoir bien exploré la zone des Whangarei Heads, l’appel du large se fait ressentir et nous décidons de mettre le cap vers Great Barrier Island.

Escale à Whangarei
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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 09:38

 

 

 

Bay of islands et Tutukaka coast

 

 

BAY OF ISLANDS :

 

Après quelques jours paisibles passés aux îles Cavalli pour nous remettre de nos émotions, nous reprenons la mer direction la Bay of Islands. C’est LE bassin de croisière préféré des plaisanciers qu’ils soient étrangers ou kiwis. Une multitude d’îles parsème cette immense baie, le climat y est subtropical et l’eau souvent turquoise. Mais attention, en période estivale la concentration de bateaux est rébarbative…

La navigation est idyllique avec un vent arrière de 15 nœuds, notre état d’esprit est à l’apaisement et nous nous jurons de bichonner notre Ninamu.

 

Bay of islands et Tutukaka coastBay of islands et Tutukaka coast

 

Nous devons retourner à Opua afin de demander des prolongations de visa (en fait tout se fait par voie postale, il suffit de remplir un dossier et de payer une centaine d’euros mais nous ne le savions pas), faire quelques réparations sur Ninamu, les courses… Toute la logistique habituelle en somme. Nous devons également organiser notre road trip en camping-car, se renseigner sur les différentes compagnies de location et réserver le véhicule. Car nous avons décidé de laisser Ninamu en marina durant 3 semaines et de visiter le centre de l’île du Nord où il est difficile de se rendre en bateau …

 

 

 

 

Motuarohia Island :

 

Bay of islands et Tutukaka coast

Nous fuyons rapidement l’agitation qui règne à Paihia et Russel (c’est de la folie en raison d’une course de vieux gréements) pour aller mouiller devant Motuarohia Island où nous retrouvons nos copains et leurs enfants des voiliers Philemon et Ouistitis.

Marielle a préparé des galettes des rois maison (y compris la pâte feuilletée !) afin de fêter dignement l’épiphanie. Encore une fête que nous aurions zappé sans la présence de nos amis. Nous sommes irrémédiablement des parents indignes même si l’on arrive quand même à se souvenir des anniversaires de nos enfants.

 

 

Bay of islands et Tutukaka coastBay of islands et Tutukaka coast
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Urupukapuka Island :

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Nous mouillons dans quelques mètres d’eau à Paradise Bay qui porte bien son nom. L’île est très jolie et est parsemée de sentiers de randonnées.

Les dauphins s’invitent au mouillage, ils sont énormes et Florent brave l’eau froide pour aller nager avec eux.

Nous restons plusieurs jours sur l’île tant elle est agréable.

Bay of islands et Tutukaka coastBay of islands et Tutukaka coast
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Motorua Island :

Bay of islands et Tutukaka coast
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Encore une charmante île où il fait bon de jeter l’ancre : plages de sable blanc, petits chemins de randonnées, plusieurs baies où mouiller…

Nous jetons notre dévolu sur la baie de Waiwhapuku d’où part un sentier qui fait le tour de l’île. La majeur partie du parcours est ombragée car elle se fait en forêt mais ça monte et ça descend et il faut à peu près une heure pour faire le tour de Motorua.

En raison du nombre croissant de bateaux, nous décidons de naviguer vers le Nord-Ouest de la Bay of Islands à la recherche de mouillages un peu moins fréquentés.

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Rangihoua bay :

 

Rangihoua Bay est effectivement un mouillage plus préservé ; un accès à terre permet de se balader sur la colline d’où la vue est superbe.

Hélas la baie d’à côté, Whale Bay, majestueuse avec ses hauts sapins est strictement privée et de grosses pancartes « Keep Out ! » dissuadent même les français indisciplinés que nous sommes. Dommage.

 

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Oke Bay :

 

Oke Bay est l’un des must de la Bay of Islands et donc sans surprise, le mouillage est saturé de voiliers et de bateaux à moteur. Mais l’on ne regrette pas d’y être car nous y retrouvons nos copains Mervin et Shirley du voilier Kerangi ce qui nous donnera l’occasion d’approfondir notre amitié.

Mervin et Florent s’empressent d’aller pêcher ensemble des moules dans une eau à 18°… Mervin, tout kiwi qu’il est, a une combinaison intégrale. Il nous explique que le ramassage des moules est strictement réglementé : pas plus de 50 par jour et par personne. Euh… ça devrait aller. Les néo-zélandais adorent les moules, surtout les vertes qui font plus de 10 cm ! Pour nous, elles sont un peu écœurantes mais on finit par s’y faire. Le champs de moule est énorme et les hommes s’y donnent à cœur joie jusqu’à ce que l’hypothermie qui menace Florent le fasse décamper de l’eau. Ce pauvre Florent qui d’ailleurs est rebaptisé « Bob » par nos copains kiwis car malgré tous leurs efforts, il leur est juste impossible de prononcer le « ren » de Florent.

Bay of islands et Tutukaka coast
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Nous passons une très agréable soirée en leur compagnie et sommes ravis de leur concocter notre meilleur tajine d’agneau plein d’épices. Comme c’est la première fois que nous partageons un repas ensemble, on va dire (rétrospectivement) que leur commentaires sur la cuisine sont polis et courtois. Shirley fait même un probable énorme effort pour manger. Ils nous avoueront quelques mois plus tard avoir eu du mal avec les épices… De plus, Shirley n’apprécie pas beaucoup les légumes.

Oke Bay : sa belle plage , ses champs de moules mais aussi ses nombreuses randonnées.

En partant de la plage, on grimpe le petit raidillon de la colline puis un sentier part sur la gauche ; en 45 minutes et 300 mètres de dénivelé, l’on atteint un très beau point de vue sur la Bay of Islands. Cinq minutes de marche plus loin se trouve sur la droite la bifurcation pour rejoindre la baie de Whangamumu située à l’Est de la péninsule du cap Brett.

Bay of islands et Tutukaka coastBay of islands et Tutukaka coast

Si l’on poursuit le sentier tout droit après le point de vue, l’on rejoint Deep Water Cove, le dernier mouillage du Cap Brett côté Bay of Islands. Ce sentier exceptionnel chemine en forêt puis sur la crête de la péninsule offrant ainsi de magnifiques points de vue sur les îles de la Bay of Islands d’un côté et sur les baies situées à l’Est. Mais attention, ce n’est pas une promenade de santé, il y a 12 km, 700 mètres de dénivelé et le parcours est en montagnes russes. J’ai mis 3 heures pour atteindre Deep Water Cove où Florent avait navigué en compagnie des enfants pendant que je marchais.

Bay of islands et Tutukaka coast

Après cette jolie escale, nous quittons la Bay of Islands pour naviguer en direction de Whangarei. Nous longeons la belle côte du cap Brett jusqu’au mouillage de Whangamumu.

Bay of islands et Tutukaka coastBay of islands et Tutukaka coast

 

 

Whangamumu :

 

Bay of islands et Tutukaka coast

Whangamumu est un mouillage isolé et sauvage, bien préservé car aucune route n’y accède. Depuis la route, il faut une bonne quarantaine de minutes de marche pour atteindre la baie (ce qui dissuade bon nombre de touristes)  pourtant cela vaut le coup.

L’anniversaire de Florent approchant et nos provisions diminuant, je décide de me rendre à pied dans le village le plus proche afin de faire des courses et pourquoi pas, trouver une belle pièce de bœuf pour faire plaisir à mon carnivore invétéré. C’est une petite expédition mais je suis motivée. Il faut parcourir le sentier jusqu’à la route puis marcher une bonne cinquantaine de minutes sur le bitume, sous le soleil pour atteindre Rawiti. Je pensais faire de l’autostop mais hormis une voiture en sens inverse et le camion des poubelles, personne ne passe ! C’est un peu rude car la route monte et descend.

Bay of islands et Tutukaka coastBay of islands et Tutukaka coast

Arrivée à destination, à défaut de magasin, je me retrouve devant une minuscule échoppe qui ne vend que des chips et du coca ! L’épicerie a fermé. Je suis dépitée : 1H30 de marche à l’aller et une autre heure trente au retour et je vais rentrer bredouille. Je décide de faire le retour par Oke Bay via Kauri Cove car il est hors de question de me retaper la route goudronnée en sens inverse sous ce soleil de plomb.

Je grimpe la petite colline qui mène vers Oke Bay et m’assoit quelques instants pour admirer la vue. Je suis rapidement rejointe par une dame et nous nous saluons. Elle me parle de ses genoux qui lui font mal et moi de ma mésaventure.

Nancy redescend puis revient 5 minutes plus tard pour me proposer de m’emmener faire des courses à Russell qui est à 26 km. Je suis stupéfaite et gênée mais elle me présente sa fille Laela (qui a le même âge que moi et qui connait Tahiti) et cette dernière me mets immédiatement à l’aise en me jurant que de toutes manières, elles avaient prévu d’aller faire des courses et qu’elles ont de la place dans la voiture. Elles sont vraiment adorables.

Bay of islands et Tutukaka coast

Le mari de Nancy est maori et c’est vraiment intéressant de rencontrer des kiwis d’origine polynésienne. On se quitte et j’ai droit à mon premier hongi (qui m’émeut beaucoup plus qu’un hug). Le hongi est le salut traditionnel maori qui consiste à se positionner front contre front et à se frotter le bout du nez durant plusieurs secondes. Je trouve ce geste très émouvant alors que la proximité corporelle du hug me mets encore mal à l’aise à cette époque.

Evidemment, je m’empresse d’inviter mes sauveuses à un barbecue à bord de Ninamu le lendemain (j’ai 3 kilos de bœuf dans mon sac à dos). Nancy n’est pas en assez bonne condition physique pour parcourir le sentier jusqu’à la baie de Whangamumu mais Laela me promets de venir. On se donne RDV sur la plage vers midi (le réseau de téléphone ne passe pas dans la baie) pour le lendemain et je m’élance sur le sentier du retour toute guillerette.

Le lendemain, à l’heure dite, je vois arriver Laela en compagnie de sa nièce Deon (dommage, son mari n’a pas voulu venir et ses enfants sont trop petits) mais c’est super quand même ! Elle nous ramène deux succulents poissons pêchés le matin même. On passe une super journée tous ensemble en compagnie des Philemon.

Lorsque l’on tente de resservir à boire à Laela et de lui remplir son assiette ; elle nous avoue ce que son père s’est exclamé lorsqu’elle lui a dit qu’elle était invitée à manger chez des français : « Mon Dieu ! Tu vas sortir de table à 18H et complètement bourrée ! ». Cela nous fait bien marrer.

Bay of islands et Tutukaka coastBay of islands et Tutukaka coast
Bay of islands et Tutukaka coastBay of islands et Tutukaka coast

Après ces bons moments partagés, nous poursuivons notre route vers Whangaruru harbour, c’est un mouillage bucolique et désert. Nous jetons notre ancre devant Sandy bay.

De là, un petit chemin mène en 5 minutes de l’autre côté de l’isthme vers la belle plage de Bland Bay où Maya et Dune s’adonnent au ramassage et à la dégustation d’huitres sauvages à même les rochers. Les enfants se baignent dans des petites piscines d’eau chaude qui les ravissent.

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Bay of islands et Tutukaka coast

Une très belle navigation côtière le long de la côte de Tutukaka nous mène dans la baie de Matapouri.

 

 

 

 

TUTUKAKA COAST :

 

 

Matapouri Bay :

Bay of islands et Tutukaka coast

Ce serait, parait-il, l’une des plus belles plages de Nouvelle Zélande. Effectivement, une grande plage de sable doré s’étire en arc de cercle autour d’une mer offrant des dégradés de bleus nous rappelant la Polynésie. L’endroit est si paradisiaque que nous décidons de rester dans cette baie pas très bien abritée alors qu’un vent de Sud-Ouest souffle en rafales à 30 nœuds. C’est assez impressionnant et cela bouge un peu à bord mais l’on sait qu’une accalmie est prévue d’ici 24 heures alors cela vaut le coup de subir quelques petits désagréments.

Une petite balade côtière mène en 30 minutes à Whale Bay (accessible uniquement à pied) ; l’endroit est sublime et la randonnée en elle-même offre de beaux points de vue sur la côte.

On galère un peu au retour avec un Matéo qui n’est donc plus le champion de la rando mais à sa décharge, les kiwis ont le chic pour faire des sentiers de randonnées en marche d’escalier hyper raides ! Ils ne connaissent pas les escaliers en colimaçon apparemment…

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Bay of islands et Tutukaka coastBay of islands et Tutukaka coast

Une nouvelle dépression arrivant, nous décidons de quitter Matapouri Bay (qui comme vous l’avez compris n’a absolument rien de pourri, facile…) pour aller nous réfugier à Tutukaka harbour.

 

 

Tutukaka harbour :

 

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Encore un joli port naturel peu fréquenté par les bateaux de passage, nous tentons plusieurs mouillages avant de nous réfugier à la marina car le cyclone June, responsable d’une dépression en Nouvelle Zélande, cause du vent en rafales à 35-45 nœuds. Durant la nuit, c’est fou comme cela tire sur les amarres, le vent parvenant à s’engouffrer mais heureusement pas la mer. On apprendra le lendemain matin que des rafales jusqu’à 65 nœuds ont été enregistrées cette nuit-là. On ne regrette pas d’être allés à la marina même si leurs tarifs sont un peu chers.

En partant des pontons, une jolie balade mène à Kukutauwhao Island et son phare (1 heure aller-retour) ; on peut apprécier de beaux points de vue sur la baie au sommet de la colline mais attention on ne peut passer qu’à marée basse.

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Il est temps pour nous de nous rendre à Whangarei pour une escale « technique » : réparations des voiles, de l’annexe, du chauffe-eau, du joystick du GPS et enfin achat de nouveaux matelas pour notre cabine avec confection des housses… La liste est longue sur un bateau mais un bateau qui navigue est un bateau qui s’use et qu’il faut entretenir.

 

Au départ, la navigation entre Tutukaka harbour et Whangarei nous parait interminable puis le vent prévu de 10-15 nœuds se transforme en 25-30 nœuds et la navigation devient sportive et un peu plus galère ! Il n’y aucun refuge par vent de Sud-Ouest alors nous poursuivons la navigation à l’intérieur du bassin vers la ville de Whangarei. On nous avait dit que Whangarei était moche mais nous trouvons le bassin de navigation plutôt joli. Il nous faudra plus de 8 heures pour enfin arriver devant le pont… à marée basse.

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Depuis mai 2013, un pont a été construit afin de fluidifier la circulation dans la ville. Nous ne savons pas si cela a effectivement réduit les embouteillages, en tous cas cela complique l’accès à la marina de Town Bassin située dans le centre-ville de Whangarei. Car il faut passer sous ce fameux pont et avec un mat cela s’avère un peu compliqué. Heureusement, ils ont pensé à tout et il s’agit d’un pont à bascule qui s’ouvre à la demande des plaisanciers. Il faut appeler le « Bridge Control » sur le canal 64 à la VHF et ils s’occupent d’arrêter la circulation automobile puis d’ouvrir le pont. Assez spectaculaire.

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L’autre désavantage ou plutôt contrainte de la marina Town Bassin est que les quillards doivent y naviguer à marée haute sous peine de talonner (notre spécialité).

Cafouillage pour les Ninamu : on appelle la marina pour leur demander si nous pouvons accéder au ponton. Ils ne nous recommandent pas d’essayer de rentrer à marée basse. Notez bien : « je ne vous le conseillerai pas » au lieu de « vous ne pouvez pas » ; cette nuance syntaxique anglo-saxonne m’exaspère car on ne comprend pas bien si c’est possible ou non. Nous ne nous étions pas assez bien renseigné sur Whangarei avant d’y aller et nous n’étions pas au fait de toutes ces contraintes au niveau des marées.

Bref, il faudra revenir le lendemain à marée haute. On fait marche arrière et cela ne manque pas, on touche un peu ; décidemment ! Il est temps de déguerpir avant qu’il n’y ait plus d’eau sous la quille.

Nous mouillons en face du chantier nautique. Nous nous régalons d’un succulent bœuf bourguignon et dormons paisiblement. Le vent se calme complètement dans la nuit.

Le lendemain, à marée haute, nous nous présentons devant ce fabuleux pont à bascule et faisons croire à Maya qu’il faut réciter une formule magique pour le faire ouvrir. Elle s’empresse d’en inventer une et de la réciter. C’est alors que sous ses yeux ébahis et naïfs d’enfant, le pont s’ouvre et Ninamu peut enfin se diriger vers la marina.

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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 21:35

TNZ 2422

 

OPUA:

 

Le lendemain de notre arrivée, nous recevons à bord la visite de Lenzy, une jeune femme très sympa qui travaille pour le compte de la marina d'Opua et dont la fonction consiste à accueillir les plaisanciers. Elle nous prodigue une foule de conseils, nous indique les attraits touristiques de la région et répond à toutes nos questions (allant de l'achat des cadeaux de Noël pour les enfants à où trouver des couettes car nous crevons de froid). Ce service offert par la marina est vraiment surprenant ; nous n'avions jamais eu auparavant un tel accueil. Ce qu'il faut comprendre, c'est que Lenzy est venue nous rendre visite alors que nous étions encore au quai de quarantaine et que nous n'avions pas spécialement prévu de séjourner à la marina. Il faut croire qu'elle a été efficace car nous avons fini par y passer une semaine.

 

TNZ 1031   TNZ 1052

 

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Les formalités administratives d'entrée en Nouvelle Zélande se sont avérées plus simple que ce que l'on s’imaginait. Tout d'abord nous avons trouvé les fonctionnaires très sympathiques. Avec tous les bruits qui courraient, l'on s'imaginait qu'ils fouilleraient partout et nous confisqueraient plein de choses mais cela n'a pas été le cas. Par contre, ils ont insisté sur l'éventuelle présence à bord de miel, d'œufs ou de canard ; produits qui sont formellement interdits à l’importation sur leur territoire.

Nous avons obtenu des visas pour 3 mois et un permis de séjour de 2 ans pour Ninamu. La loi ayant changé en janvier 2014 : à présent les voiliers étrangers ont le droit de rester 2 ans en Nouvelle Zélande sans avoir à payer les taxes.

 

L'environnement de la marina d'Opua est vraiment agréable ; le contraste du ciel bleu et pur avec les pohutukawa est saisissant. Les pohutukawas sont des arbres endémiques du Nord de la Nouvelle Zélande qui fleurissent en été : leurs fleurs sont d'un rouge intense qui tranchent sur leurs feuilles vert bouteille. C'est vraiment très joli. Mais si la marina d'Opua est agréable, elle n'en demeure pas moins isolée (pas de supermarché à proximité, juste une petite épicerie de dépannage qui affiche des prix exorbitants). Il faut avoir une voiture afin de se rendre à Pahia, ville la plus proche.

 

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Avec Maya, nous empruntons le joli chemin côtier qui relie Opua à Pahia : deux heures de balade agréable qui part de la plage d'Opua, suit la côte, s'insinue dans la forêt puis dans la mangrove pour enfin aboutir sur la plage de Pahia (l'on ne peut passer sur cette partie du chemin qu'à marée basse).

Florent, qui a loué une voiture, nous récupère à l'arrivée nous évitant ainsi de faire l'aller-retour. Nous devons faire de grosses courses d'approvisionnement et surtout acheter des pyjamas chauds aux enfants et des couettes. Nous sommes super contents en arrivant au magasin car en raison de la saison d'été celles-ci sont soldées à moins 50% ! Grâce à l’économie réalisée, nous offrons d'adorables chaussons en cuir et laine de mouton aux enfants afin de réchauffer leurs petits potons. Car même si c'est l'été et que nous sommes dans la région la plus chaude de Nouvelle Zélande, pour nous, il caille !

 

TNZ 1251

 

Il faut aussi que l'on s'occupe de quelques réparations sur Ninamu. Par un hasard incroyable, Florent trouve un barbotin d'occasion à 50 dollars qui va parfaitement avec notre guindeau électrique ! Quant à nos copains de Philemon, ils nous offrent la pièce du hâle-bas qui avait cédé et qu'ils avaient miraculeusement en stock sur leur bateau.

 

Nous ne nous éternisons pas à Opua car nous trouvons qu'il y a trop de bateaux à notre goût. Nous levons l'ancre et mouillons devant Pahia non loin de l'embouchure de la rivière Waitangi. Celle-ci peut se remonter en annexe à marée haute sur plusieurs miles et débouche sur une belle cascade.

 

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Puis nous poursuivons notre exploration de la baie en allant mouiller devant Russel mais nous sommes déçus par l'endroit : trop de voiliers, trop de touristes, peu d’intérêt et en tous cas pas assez « sauvage » à notre goût.

 

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Nous décidons alors d'explorer la rivière Kerikeri et ses mouillages. Des copains nous ayant affirmé qu'avec leur 2 mètres de tirent d'eau, ils avaient pu la remonter à marée haute. Nous passons donc une soirée dans un mouillage somptueux et solitaire à l'embouchure de la rivière, en attente de la marée haute le lendemain matin. Au petit matin, confiants, nous débutons notre remontée mais rapidement, notre quille s’enlise : 1,7 mètres au sondeur! Mince ! Nous sommes bloqués, l'on s'active, l'on tente un demi tour en talonnant et en labourant comme des bœufs la vase. Matéo rigole et Maya me parle de ses cheveux alors que nous avons d'autres chats à fouetter ! Heureusement, nous parvenons à extraire Ninamu de la rivière et reprenons le large. Mais quel stress !

 

TNZ 1269   TNZ 1271

 

S'en est assez ! Nous décidons de naviguer vers le Nord de la Nouvelle Zélande et de quitter la Bay of Islands ; nous mettons le cap vers les îles Cavalli.

 

TNZ 2536 CAVALLI ISLANDS

 

 

 

THE FAR NORTH

 

CAVALLI ISLANDS :

 

Nous jetons l'ancre devant Motukawanui Island dans la baie de Papatara. Le mouillage a tout pour nous plaire : sauvage, désert et beau. La baie de Papatara donne sur une plage de galets alors que curieusement sa voisine mitoyenne,la baie de Waiiti, s'ouvre sur une magnifique plage de sable blanc.

 

TNZ 1297 Waiiti Bay - Motukawanui island   TNZ 2560

 

TNZ 1337   TNZ 1348

 

Nous partons en balade accompagnés de Matéo, qui du haut de ses deux ans, fait sa première randonnée. Nous sommes fiers de lui : il ne parle pas, porte encore des couches mais est capable de monter 100 mètres de dénivelé !

Le lendemain nous laissons les garçons au bateau et Maya et moi partons à l’assaut de la traversée de l'île : un sentier très bien entretenu la traverse du Nord au Sud. Il passe par le sommet de l'île d'où l'on peut apprécier une vue à 360° qui s'étend du cap Brett au cap Reinga ce qui nous fait immédiatement oublier les 7 km en montagnes russes du chemin et les 500 mètres de dénivelé.

 

TNZ 1395   TNZ 1360

 

TNZ 1490   TNZ 1409

 

Le sentier débouche sur une très belle plage de sable blanc au Nord de l'île où l'on peut se baigner si l'on est courageux... Car même Maya, notre petit radiateur sur pattes, n'a pour l'instant trempé que ses orteils dans les eaux néo zélandaises. Nous ne sommes absolument pas encore acclimatés.

L'endroit est si fabuleux et peu fréquenté que nous nous empressons d'aller y mouiller.

C'est la fête car durant la courte navigation, nous pêchons un Wahoo ; nous sommes fous de joie. Joie qui va vite retomber lorsque Florent vide le poisson et constate que celui-ci est infesté d'énormes vers blancs qui grouillent dans tous les sens. Beurk, ils font au moins 4 cm de longueur. Florent me demande quant même de le cuisiner... Il sera seul à en manger.

Pour nous réconforter, nous décidons d'aller prendre l'apéritif au somment de la colline, petite grimpette assez raide mais la vue au sommet vaut tous les superlatifs. Matéo continue à marcher vaillamment, pourvu que cela dure... Il est aussi le premier Gachod à s'être baigné en Nouvelle Zélande, il aime tellement l'eau que malgré les 18°, il patauge tout content.

 

TNZ 1423   TNZ 1434

 

TNZ 1510   TNZ 1532

 

Après quelques jours paisibles aux Cavalli Islands, nous décidons de poursuivre notre navigation vers le Nord de l'île du Nord, le long de la côte Est.

L'on pêche un poisson dont l'on s'empresse d'arracher les intestins afin d'éviter toute infestation de la chair d'éventuels vers.

 

TNZ 2553   TNZ 2545

 

 

 

WHANGAROA HARBOUR :

 

TNZ 1651

 

Whangaroa Harbour vaut vraiment le détour : c'est une sorte de fjord dans lequel l'on pénètre par une passe étroite qu'il vaut mieux emprunter par marée montante. Le paysage est grandiose et calme à souhait ; ici il y a très peu de voiliers de passage, plutôt des kiwis en vacances.

Notre premier mouillage s'effectue devant la marina afin de pouvoir faire des lessives, se doucher avec de l'eau à volonté et faire quelques courses à l'épicerie du coin.

La petite marina possède en outre un bar restaurant à l'ambiance très sympathique et dont les prix défient toute concurrence. Sur le chemin du retour, nous saluons un couple de marins néo zélandais qui prennent leur déjeuner : hamburger pour lui et fish and chips pour madame. Je ne peux m'empêcher de penser qu'il y a tant d'autres mets à savourer... Je ne sais pas encore que la nourriture sera un long fil de discussion, de quiproquos et de discorde joviale au cours de notre future amitié.

 

TNZ 1557   TNZ 1595 Whangaroa Marina

 

TNZ 1609   TNZ 1617

 

TNZ 1662Le tuyau qui alimente le moteur de notre annexe ayant pété, Florent doit aller à la station service en ramant afin de voir s'ils auraient des pièces de dépannage. Mais le courant est si fort qu'il le pousse inexorablement vers un voilier ancré non loin de nous. Rapidement, une annexe fonce dans sa direction et lui demande avec un accent à couper au couteau (que j'ai moi même encore du mal à comprendre parfois) ce qu'il fabrique. Il s'agit de Mervin, le marin déjeunant avec sa femme Shirley, qui voyant une embarcation se diriger vers leur voilier est venu voir de quoi il s'agissait. La veille, ils s'étaient fait importuner par deux hommes saouls qui étaient venus à leur bord réclamer à boire !

Après quelques explications, il se mets en quatre (comme souvent les kiwis) pour essayer de nous aider. Après quelques bidouillages, les hommes réussirent à réparer le cordon d'alimentation jusqu’à ce que l'on trouve un magasin digne de ce nom.

Cette petite mésaventure nous permet de faire la connaissance de Mervin et Shirley qui s'avèrent être vraiment très sympathiques. J'arrive à convaincre Shirley de faire l'ascension de St Paul's Rock en notre compagnie. On embarque leur chien, qui tenu en laisse, est un véritable moteur pour les enfants : ils se battent pour tenir la laisse et avancent sans réfléchir. La vue à 360° au sommet est sublime et nous laisse apprécier toute la beauté du fjord . Nous sommes si fiers de Matéo qui a grimpé tout seul 200 mètres de dénivelés positifs, pas mal à deux ans. Va falloir que l'on se débarrasse de notre sac de portage dans lequel de toutes manières, il n'a jamais voulu contenir .

On quitte Mervin et Shirley en se promettant de se revoir.

 

TNZ 1632   TNZ 1628

 

TNZ 1659   TNZ 1643

 

Puis nous mouillons à Rere Bay mais nous ne sommes pas seuls car les voiliers néo zélandais comment à affluer avec le début des vacances d'été.

TNZ 1706Le lendemain, nous nous lançons dans l'ascension du Duke's Nose en compagnie des enfants : ce n'est pas long, il n'y a que 200 mètres de dénivelé alors on se dit qu'on va justement entreprendre cette rando « the fingers in the nose », the Duke donc... Euh... vous suivez ?

Bref, même si la première partie du chemin ne présente pas de difficulté majeure, les 15 derniers mètres sont de la pure escalade ! Voie équipée de chaînes certes mais escalade tout de même. Au pied de la paroi, j'hésite à grimper en compagnie de Maya. Florent et Matéo sont plus bas, ce dernier refusant d'avancer un pas de plus. Maya grimpe comme une chèvre en haut du rocher et je la suis. Il ne faut pas avoir le vertige... La vue est belle et aérienne mais au bout d'un moment ne voyant pas Florent arriver, je décide de redescendre à sa rencontre en abandonnant Maya sur son aiguillon rocheux (très mauvaise idée rétrospectivement). Je redescends pas mal avant de les retrouver : Matéo (notre ex champion de la randonnée) est épuisé et veut retourner au bateau. On décide que je redescende avec lui et que Florent rejoigne Maya. Je rassure nos lecteurs : son papa la retrouve saine et sauve et la désescalade s'effectue sans encombre mais elle a eu peur de se retrouver abandonnée, seule sur son rocher...

Après ces quelques imprudences, nous levons l'ancre et poursuivons notre navigation côtière vers le Nord.

 

TNZ 1688 Rere Bay   TNZ 1718

 

TNZ 1715   TNZ 1710

 

TNZ 1732   TNZ 1742

 

 

 

MANGONUI  HARBOUR :

 

TNZ 1853

 

La passe d'entrée de Mangonui Harbour est exiguë mais le site est vraiment joli, surplombé de collines verdoyantes et de pins.

C'est dans cette zone que nous apercevons nos premiers pingouins néo zélandais en mettant un sacré bout de temps avant de comprendre que ça en est d'ailleurs. Ils sont tout petits et batifolent à proximité de Ninamu.

Les informations de notre guide de navigation ne sont pas tout à fait exactes car il est très difficile de mouiller dans le fond de la baie en raison de nombreux corps morts qui occupent tout l'espace qui ne soit pas de la mangrove. L'on finit par se trouver une petite place à Mill Bay en empiétant un peu sur le chenal. Nous sommes le seul bateau étranger, les gens nous regardent avec curiosité et nous bénéficions de leur clémence.

Une jetée permet de débarquer à terre, nous partons en balade avec notre bidon d'essence car nous n'avons plus de carburant pour l'annexe. Le problème est que la station essence est située de l'autre côté de la colline à plusieurs kilomètres ; du coup Florent fait du stop et est pris immédiatement par la première voiture qui passe à notre hauteur. Non seulement, ils emmènent Florent à la pompe mais ils insistent pour le ramener au quai ! Nous les invitons chaleureusement à boire une bière à bord mais ils repartent. De la gentillesse néo-zélandaise typique comme on a pu le constater à maintes reprises durant notre séjour.

 

TNZ 1767   TNZ 1815

 

TNZ 1821   TNZ 1819

 

TNZ 1825   TNZ 1832

 

Nous partons nous balader sur la colline Rangikapiti qui surplombe le mouillage, la vue sur le port est magnifique ; tout est toujours plus beau lorsque l'on prend de la hauteur.

Mangonui est une escale sympathique sur la route du Nord, la ville possède un Fish'n'Chips renommé dans le monde entier où nous nous empressons d'aller déjeuner. Oui, on ne peut pas dire que cela soit mauvais mais c'est toujours aussi gras et toujours aussi... pareil ! Très déçus... L'on se rabat sur l'épicerie qui est bien achalandée et qui nous permet de faire nos dernières courses avant Noël.

 

TNZ 1845

 

Le lendemain, nous poursuivons notre navigation vers la péninsule de Karikari qui nous semble le lieu idéal pour passer les fêtes de Noël.

 

TNZ 1871   TNZ 1876

 

 

 

PENINSULE DE KARIKARI :

 

TNZ 1880 Waikato et Maitai bay

 

Cette péninsule du Far Northland est préservée et très peu urbanisée ; deux baies paradisiaques situées au Nord permettent de mouiller. Maitai Bay et Waikato sont des mouillages un peu rouleurs mais la beauté sauvage des lieux vaut bien ce petit désagrément. Nous sommes le seul voilier ancré en face de la plage de sable blanc. Du mauvais temps arrive mais nous ne pouvons nous résoudre à changer de mouillage.

 

Nous passons le réveillon de Noël en famille et une fois de plus (depuis quelques années à présent) Florent, Matéo et Maya doivent subir mes tentatives de réalisation de bûche de Noël (qui sont plutôt des briques depuis que j'ai arrêté d'essayer de rouler la génoise...). L'aspect n'est jamais très reluisant mais le goût y est apparemment. Le lendemain, Maya s'empresse d'essayer le kayac que lui a ramené Santa Klaus (le christmas's father kiwi) et s'en sort plutôt bien pour une débutante.

 

TNZ 1955   TNZ 1957

 

TNZ 1937   TNZ 2077

 

TNZ 2052   TNZ 1979

 

La péninsule de Karikari est parsemée de sentiers dont l'un permet de se rendre sur la côte ouest où s'étire une magnifique plage de sable blanc. Les rouleaux de l'océan s’échouent dans un grondement et participent à la création de dunes de sable farineux. C'est beau. Nous sommes en contemplation admirative devant la beauté du monde.

 

TNZ 1991   TNZ 2017

 

TNZ 2018   TNZ 2009

 

 

 

HOUHORA HARBOUR :

 

TNZ 2167

 

Les fêtes passées, nous reprenons la mer pour Houhora Harbour, encore un joli port naturel situé plus au Nord.

Le matin, nous nous réveillons sur un lac, nous sommes bien abrités et un banc de dauphins batifolent à proximité du bateau. Nous nous empressons de prendre l'annexe et d'aller à leur rencontre.

L'après midi, nous nous baladons sur le mont Camel d'où la vue est splendide.

 

TNZ 2159   TNZ 2111

 

Hélas, nous sommes vite rattrapés par le mauvais temps et un véritable déluge s'abat sur nous.

Le beau temps revenu, nous explorons les baies plus au Nord, Houhora Bay puis Grenville Point dont les mouillages sauvages et solitaires sont exceptionnels. A terre, nous partons à l'assaut des collines alentour et la vue vers le Nord est à couper le souffle. Cela nous donne l'envie d'aller toujours plus loin à la recherche de solitude encore plus prononcée et c'est, guidés par ce désir, que nous prenons une décision tout à fait funeste : passer le réveillon du 31 décembre à Parengarenga Harbour.

 

TNZ 2301   TNZ 2327

 

TNZ 2302   TNZ 2414

 

 

 

PARENGARENGA HARBOUR :

 

TNZ 2480 Parengarenga Harbour  TNZ 2484 Parengarenga Harbour 1

 

Parengarenga Harbour est situé à l’extrémité Nord de l'île du Nord, c'est un coin sauvage et désertique ; peu de bateaux s’aventurent aussi loin. Son accès n'est possible qu'à l'étale et avec une excellente visibilité car le banc de sable à l'entrée se déplace d'année en année et ne correspond ni aux cartes marines, ni au GPS. Un repérage en annexe est donc vivement conseillé avant de s'y aventurer (ce que nous n'avions pas fait...).

En ce qui nous concerne, nous avons été stupides et imprudents d'envisager de nous y aventurer avec un quillard. Mais le 31 décembre 2013, il fait beau, nous naviguons vers le cap Nord dans des conditions agréables et l'on pêche une bonite. Le moral est à la fête.

 

TNZ 2488   TNZ 2471

 

L'on se présente dans la matinée devant l'entrée de Parengarenga mais c'est marée sortante et ça déferle au niveau de la passe. Nous remémorant notre mésaventure sur la rivière à Kerikeri, nous préférons mouiller plus au Nord devant Waikuku Beach dans l'attente de la marée montante.

Vers 16 heures, nous nous présentons à nouveau devant l'entrée de Parengarenga Harbour ; le soleil est contre nous mais je suis plutôt confiante. Florent a un mauvais pressentiment mais se garde bien de me le dire. Nous nous engageons dans ce que l'on pense être le chenal mais très rapidement, il s'avère que c'est une lourde erreur : le chenal est plus au Sud et un banc de sable nous en sépare ! Lorsque l'on se rend compte de notre méprise, l'on tente de faire marche arrière mais le courant de 2 nœuds nous pousse toujours plus vers l'intérieur. C'est l'échouage assuré, notre stress est au maximum, on frôle la catastrophe. Le voilier est malmené par les vagues qui se forment sur le banc de sable, on talonne avec notre quille. Je fais rentrer les enfants dans le bateau, Maya est très angoissée, elle comprend que quelque chose de grave se produit, Matéo, lui, semble totalement inconscient de la gravité de la situation ; tant mieux pour lui.

L'on aperçoit un bateau à moteur dans le chenal, je fais alors un appel PAN-PAN-PAN à la VHF mais ce dernier poursuit sa trajectoire et c'est le CROSS néo-zélandais qui nous répond ! C'est le gros cafouillage à bord : répondre à la VHF, gérer les enfants, essayer de sortir de ce mauvais pas. Nos cerveaux tournent à 200% et le stress est à son comble. Avec effroi, nous voyons une vague plus grosse que les autres s'abattre transversalement sur Ninamu mais elle a pour effet de désensabler la quille en nous faisant pencher sur le côté. Ce qui a pour effet de nous faire progresser vers la sortie de la passe.

Nous ne savons toujours pas par quel miracle nous arrivons à sortir de cette mauvaise passe (dans tous les sens du terme). Nous tremblons d'effroi et sommes vraiment choqués. Nous buvons deux bières coup sur coup pour essayer de nous calmer et une fois hors de danger, Florent plonge pour inspecter la quille ; heureusement elle ne semble pas avoir de dommage apparent.

Je suis stupéfaite lorsque le capitaine me demande si nous devons retenter l'entrée mais par le bon chenal cette fois-ci ; pour moi, il en est hors de question ! Je suis tellement secouée que je n'ai qu'une envie : fuir de la zone de Parengarenga et c'est ainsi que nous décidons de passer notre nuit du réveillon en navigation nocturne vers les îles Cavalli.

 

TNZ 2491 - 31 décembre 2013   TNZ 2524

 

La mer est calme, nous sommes au travers avec un vent de 10 nœuds mais qui finira par s’essouffler durant la nuit. C'est un réveillon original mais le cœur n'est pas vraiment à la fête... L'on boit quant même du champagne accompagné de quelques muffins au foie gras, dérogeant à notre règle de ne jamais consommer d'alcool en navigation.

 

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Je trouve que l'on finit mal l'année, comme l'an passé d'ailleurs lorsque Matéo avait failli se noyer quand notre annexe s'était retournée dans les rouleaux aux Marquises.

L'on prend la bonne résolution pour 2014 de ne plus prendre de risques, ni pour nous, ni pour notre bateau. Car même si notre bonheur est insolent, il n'en n'ai pas moins fragile. Avec beaucoup de chance, l'on s'en est bien sorti cette fois-ci mais quand serait-il de la prochaine ? Nous avons pêché en voulant toujours plus, toujours plus beau, toujours plus sauvage, toujours plus exceptionnel. Il faut savoir parfois se contenter de ce que l'on a et résister à la surenchère. Enfin, voilà une des choses que cette mauvaise expérience nautique nous a apprise.

A la levée du jour, en ce premier jour de l'an, comme pour nous réconforter un groupe de dauphins nous accompagne jusqu’aux îles Cavalli.

 

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  • : Le voyage au long cours d'une famille avec 2 jeunes enfants à bord de leur voilier le Ninamu, des Antilles à l'océan Indien
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