Le voyage au long cours d'une famille avec 2 jeunes enfants à bord de leur voilier le Ninamu, des Antilles à l'océan Indien
Après un peu plus d’une année passée en Martinique, au cours de laquelle nous avons pu concrétiser nos projets : acheter notre voilier le Ninamu, l’équiper pour le grand voyage, renflouer la caisse de bord mais surtout la naissance de notre petit Mateo Heremoana ; nous larguons enfin les amarres nous reliant au ponton de la marina.
L’on est speed, fatigués et bien sûr pas prêt, mais il faut se résoudre à partir un jour même si tout ne semble pas parfait ou sinon, l’on ne part jamais.
Pour nous, il s’agit d’un grand voyage en famille à bord de notre voilier (un océanis clipper 473) et avec nos deux enfants, Maya, 4 ans et Mateo, 4 mois. Nous souhaitons dans un premier temps, relier la Polynésie française depuis la Martinique en passant par le canal de Panama. Puis le voyage devrait se poursuivre à travers le Pacifique, l’Asie du Sud Est et l’océan indien afin de s’ancrer à la Réunion. Enfin, « s’ancrer », les marins me rétorqueront : « mais y’a pas de mouillage à la Réunion ! ». Oui, c’est hélas bien vrai ; disons que l’on redeviendra terriens, il sera temps pour nous de se séparer du bateau.
Il s’agit de notre second long voyage en bateau ; nous étions partis en 2008 à bord de notre ancien voilier le Mootea pour un périple à travers le Pacifique entre la Polynésie et la Calédonie. Pour ceux que ça intéresse, voici le lien de notre ancien blog :
http://bleu-sauvage.heoblog.com/
A l’encontre de ce que l’on pourrait penser, le bateau est la solution idéale pour le voyage en famille car l’on se déplace avec sa maison. L’autre solution confortable à mon sens est le voyage en camping car ou en camion aménagé. Les enfants peuvent ainsi avoir des repaires, leur coin à eux, faire la sieste à heures fixes, maman ou papa peuvent préparer à manger... Tant que l’on n’est pas parent, l’on n’est absolument pas conscient de toutes ces contraintes logistiques mais lorsque que les petits arrivent ; on se dit qu’on leur impose déjà notre mode de vie alors autant que ce soit un tant soit peu confortable !
Maya étant quasiment née sur le bateau ; elle ne semble jamais avoir le mal de mer. Elle m’épate parfois à faire des coloriages dans le carré, tous hublots fermés et alors que le bateau gîte en tous sens ! Pour ma part, j’ai l’estomac beaucoup moins bien accroché que ma fille ou que mon mari de capitaine. Mais il faut savoir qu’au bout de quelques jours, l’on s’amarine, donc il ne faut pas désespérer. Quant à Mateo, comme tous les bébés apparemment avant l’âge de la marche, l’allure du bateau l’indiffère.
Avant de partir, nous avons du régler un amoncellement de tâches administratives : les assurances diverses et variées, les vaccinations, les impôts, les résiliations en tous genres dont l’énumération ici serait trop fastidieuse... Autant de choses sécurisantes lorsque l’on vit à terre mais qui entravent la liberté.
Puis il a fallu effectuer l’avitaillement du bateau en nourriture mais surtout en fournitures pour bébé (près de 1000 couches et 600 petits pots pour Mateo)! Il nous a fallu 4 allers-retours au supermarché, à chaque fois avec un caddie chacun (donc 8 caddies bourrés à craquer), pour venir à bout de notre liste de course. Evidemment, il n’existe pas de service de livraison en Martinique chez ce géant de la grande distribution dont on taira le nom.
Les courses faites, les réservoirs d’eau remplis, les enfants vaccinés, nous quittons la marina (ou sinon Florent me menaçait de divorcer) malgré un avis de vigilance émis par météo France concernant une forte houle et des vents forts. Par prudence, nous avons attendu au mouillage de Sainte Anne quelques jours avant de mettre le cap vers les Grenadines.